mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 22 février 2023, le préfet de la Gironde demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 août 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Loubès a délivré à M. A B un permis de construire pour la réalisation de travaux sur une construction existante située 11 chemin de la Landotte.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît le règlement de la zone A de la commune relatif aux changements de destination ;
- le projet n'a pas été soumis à l'avis de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers ;
- il méconnaît le plan de servitude annexé au plan local d'urbanisme de la commune ;
- il méconnaît l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, M. et Mme B concluent au rejet de la requête.
Ils font valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, la commune de Saint-Loubès, représentée par la Selarl HMS Atlantique Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cabanne,
- les conclusions de M. Josserand, rapporteur public,
- et les observations de Me Cordier-Amour pour la commune de Saint-Loubès.
1. Par une décision du 29 août 2022, la commune de Saint-Loubès a délivré un permis de construire à M. B pour la réalisation de travaux de réhabilitation et d'extension d'un bâti existant, situé 11 chemin de Landotte, parcelles cadastrées section A, n° 255, 256, 257, 258, 259. Par un courrier du 21 octobre la préfecture a demandé à la mairie de retirer le permis de construire octroyé. En l'absence de réponse de la commune de Saint-Loubès durant une période de 2 mois, un refus tacite est né le 25 décembre 2022. Dans la présente instance, le préfet défère au tribunal ces décisions.
Sur les conclusions en annulation :
2. Selon le règlement du plan local d'urbanisme : " La zone A est traversée par : - des lignes de transport électrique, reportées au plan des servitudes, à proximité desquelles tout projet de construction doit faire l'objet d'une demande de renseignements auprès des services EDF/RTE - des canalisations de transport de gaz naturel à haute pression, reportées au plan des servitudes. Selon la circulaire n° 73-108 du 12 juin 1973, toute intervention dans la bande des 200 m axée sur la conduite doit faire l'objet d'une demande de renseignement auprès des services Total Infrastructure Gaz. ".
3. Il ressort des documents graphiques joints au dossier que l'unité foncière du projet, tel que mentionnée dans le dossier de demande et composée des parcelles A 255 à A 259, est concernée par la servitude de canalisations électriques du réseau RTE et SNCF. Toutefois, l'emprise de la maison existante, dont l'extension est envisagée, est éloignée de plus de 100 mètres de ces lignes de transport électriques. Ainsi, aucune demande de renseignements auprès des services d'EDF/RTE n'avait pas à être formulée préalablement à l'édiction de l'arrêté en litige. En revanche, la maison existante est située dans l'emprise de la servitude de la conduite de gaz. Ainsi, il appartenait au maire de la commune de Saint-Loubès de saisir pour avis les services gestionnaires de la canalisation de Gaz. A défaut d'avoir respecté cette formalité, le maire a entaché sa décision d'un vice de procédure qui est susceptible d'avoir exercé une influence sur le sens de la décision prise.
4. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend, en outre, selon les cas : () d) Le document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif au regard des prescriptions réglementaires, prévu au 1° du III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, dans le cas où le projet est accompagné de la réalisation ou de la réhabilitation d'une telle installation ; () ".
5. Il ressort du dossier de permis de construire, et notamment du plan de masse, que le projet n'emporte ni la réalisation d'une installation d'assainissement non collectif, alors que le terrain d'assiette en est déjà pourvu, ni sa réhabilitation. Ainsi, et en dépit des prescriptions du permis de construire, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier doit être écarté.
6. Selon l'article A1 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Loubès : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol autres que celles qui figurent à l'article A2. " En vertu de l'article A2 : " () Dans la zone A et secteur Ac, sont admis, sous réserve de ne pas générer des nuisances pour le voisinage : - les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et, sauf dans le secteur Ac, à l'exploitation agricole ou forestière - le changement de destination des bâtiments agricoles identifiés dans les documents graphiques du règlement, en application du 2° de l'article R. 123-12 (bâtiments présentant un intérêt architectural ou patrimonial). Ce changement de destination sera soumis à la règle de réciprocité (article L. 111-3 du code rural) - les prestations d'hébergement de plein air ou le camping à la ferme d'une capacité inférieure ou égale à 6 emplacements sous réserve de l'autorisation de stationnement. En ce qui concerne les caravanes leur stationnement est limité à 3 mois et doit se situer à proximité des bâtiments de l'exploitation - les affouillements et exhaussements de sol nécessaires au recalibrage et à l'aménagement des routes départementales. ".
7. Pour contester la légalité du permis de construire en litige, le préfet de la Gironde soutient que le bâtiment concerné par les travaux n'est pas désigné par les documents graphiques comme pouvant faire un changement de destination. Si le dossier de demande de permis de construire présente le projet comme étant un changement de destination d'un bâtiment agricole en habitation, aucun élément au dossier ne vient le rattacher à une activité agricole. Il ressort du dossier de demande de permis construire initial que la construction autorisée était une annexe de la maison d'habitation principale, s'apparentant compte tenu de ses caractéristiques à un garage. Réputé avoir la même destination que le local principal, la transformation du garage en habitation principale ne constitue donc pas un changement de destination. Quand bien même cette annexe a subi des transformations par rapport au permis initial, le bâtiment n'apparaît pas être agricole, contrairement à ce que soutient le préfet et demeure, compte tenu de ses caractéristiques et aménagements, à destination d'habitation. Si les pétitionnaires ont déclaré que cette annexe a été utilisée comme " maison de pêcheurs ", abritant l'association de pêche " Avia Club ", cette affection ne suffit pas à caractériser une destination agricole. En tout état de cause, l'utilisation pour un autre usage que celui initialement autorisé n'est pas par elle-même de nature à changer la destination d'un bâtiment. Ainsi, à défaut de changement de destination, le préfet de la Gironde ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du règlement de la zone A relatives aux changements de destination.
8. A défaut de changement de destination, le maire de Saint-Loubès n'était pas tenu de saisir la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte des développements précédents que le permis de construire est entaché d'illégalité à défaut pour le maire d'avoir saisi préalablement pour avis les services gestionnaires de la canalisation de gaz. Ce vice n'est cependant pas susceptible de régularisation sur le fondement des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dès lors que les dispositions du plan local d'urbanisme de Saint-Loubès n'autorisent pas la construction de maison d'habitation ni leur extension lorsqu'elle n'est pas en lien avec une activité agricole.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de la Gironde est fondé à soutenir que le permis de construire en litige doit être annulé.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Saint-Loubès au tire des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 29 août 2022 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Loubès sur le fondement de l'article L.761-1 du code de la justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Gironde, à la commune de Saint-Loubès et à M. et Mme A B.
Copie en sera adressée pour information au Procureur de la République.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
C. CABANNE
L'assesseur le plus ancien,
M. PINTURAULT
La greffière,
M-A PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026