vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2023, M. B A, représenté par Me Boukoulou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet de la Gironde de le convoquer sous quinze jours pour lui permettre de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour, à tout le moins de compléter sa précédente demande, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
-entré en France régulièrement en tant que travailleur saisonnier, il a bénéficié d'un titre de séjour pluriannuel valable du 24 avril 2019 au 24 avril 2022 et a sollicité le renouvellement de ce document le 22 mars 2022 ainsi qu'il en rapporte la preuve ;
- sa demande ayant fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité le 23 mars 2022 au motif de l'incomplétude du dossier, il a saisi l'autorité préfectorale, le 23 juin 2022, d'une nouvelle demande, toujours en qualité de travailleur saisonnier ;
- alors qu'il avait déposé un nouveau dossier, il s'est vu opposer, par arrêté du 9 février 2023 du préfet de la Gironde, une obligation de quitter le territoire français au motif erroné du défaut de demande de renouvellement ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que, bénéficiant d'un contrat de travail à durée indéterminée, en l'état suspendu, il est privé du droit au travail du fait de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous auprès des services compétents pour le traitement de sa demande de titre ;
- la mesure sollicitée présente un caractère utile pour lui permettre de solliciter le renouvellement de son titre de séjour ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par mémoire en défense enregistré le 12 avril 2023, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et au rejet du surplus de la requête.
Le préfet de la Gironde fait valoir qu'il a adressé une convocation au requérant en vue de finaliser l'instruction de sa demande de titre et pour l'informer de la mise à disposition d'un récépissé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de la Gironde de le convoquer sous quinze jours pour lui permettre de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour, à tout le moins de compléter sa précédente demande.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, le juge des référés ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Il résulte de l'instruction qu'en cours d'instance, l'autorité préfectorale a, par courrier du 11 avril 2023, convoqué M. B A, ressortissant marocain né le 28 mai 1992 à Meknès, au Maroc, dans ses services le 27 avril, en vue de finaliser l'instruction de sa demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler valable pour la période du 11 avril au 10 juillet 2023. Dans ces conditions, les conclusions de M. A aux fins d'injonction sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
4. Enfin, dans les circonstances de l'affaire, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de M. A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A aux fins d'injonction.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 12 mai 2023.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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