mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2023 et des mémoires enregistrés les 20 mars 2023, 6 avril 2023 et 14 avril 2023, Mme B A, représentée par la SELARL Aedifico, avocat, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire de la commune de Quinsac, en tant qu'agent de l'Etat, de dresser procès-verbal d'infraction et de prendre un arrêté interruptif des travaux réalisés sur la parcelle cadastrée section AK n° 232 sise chemin des Esprits de Garonne, au lieu-dit " Esconnac ", ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, en cas de carence du maire, de dresser le procès-verbal d'infraction et de prendre l'arrêté interruptif de travaux, sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Quinsac et de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le bâtiment à usage d'entrepôt sur la parcelle section AK n° 232, dont sa propriété est mitoyenne, fait l'objet de travaux de réhabilitation depuis novembre 2022 en vue de le transformer en appartements locatifs, sans autorisation et en violation manifeste des dispositions de la zone rouge du plan de prévention du risque inondation de la Vallée de la Garonne qui prohibent la création de nouveaux logements ou l'augmentation de la capacité d'accueil pour éviter d'exposer des occupants à un risque élevé d'inondation ;
- le bâtiment en cause, annexe d'un immeuble principal à destination de commerce et de service au sens des articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme, n'est pas à usage d'habitation, non plus que ce dernier immeuble, comme il ressort de diverses attestations ;
- la déclaration préalable que la société propriétaire a déposée le 7 mars 2023 ne peut avoir pour effet de régulariser des travaux contraires aux prescriptions du plan de prévention du risque inondation ;
- dès lors que les travaux en cause sont réalisés sans permis, le maire de Quinsac, en sa qualité d'agent de l'Etat, ou l'autorité préfectorale par substitution sont tenus de dresser procès-verbal d'infraction, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, et d'ordonner leur interruption sur le fondement des articles L. 480-2 et L. 480-4 de ce code ;
- s'agissant de prévenir un péril grave pour les futurs occupants du bâtiment, les injonctions sollicitées peuvent être prononcées sans qu'importe les éventuelles décisions implicites du maire et du préfet rejetant les demandes d'intervention qui leur ont été adressées.
Par mémoire en défense enregistré le 3 avril 2023, la commune de Quinsac, représentée par la SARL Boissy Avocats Associés conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Quinsac fait valoir que les conditions posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne sont pas toutes remplies dès lors, d'une part, que la mesure sollicitée ne présente pas d'utilité eu égard au projet en cours, d'autre part, qu'elle ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, cette dernière condition demeurant exigible en l'absence de péril imminent.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B A, qui est propriétaire d'un immeuble situé au 231 chemin des Esprits de Garonne, au lieu-dit " Esconnac " à Quinsac, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au maire de cette commune, en tant qu'agent de l'Etat, ou au préfet de la Gironde en cas de carence du maire, de dresser procès-verbal d'infraction et de prendre un arrêté interruptif des travaux réalisés sur la parcelle cadastrée section AK n° 232, voisine de sa propriété.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, le juge des référés ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. / () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 (), ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. / Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public ". Aux termes de l'article L. 480-2 du même code : " Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 du présent code a été dressé, le maire peut également, si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux. Copie de cet arrêté est transmise sans délai au ministère public ".
4. Il ressort des éléments au dossier que la société civile immobilière (SCI) Capi fait réaliser des travaux sur l'immeuble visé par la demande et où est situé son siège social selon les mentions portées au registre du commerce et des sociétés. Soutenant que cet immeuble était affecté à un seul usage d'entrepôt par son précédent propriétaire, qui exploitait un établissement de restauration installé à proximité immédiate, et que les travaux entrepris par l'acquéreur ont pour objet d'y aménager des logements locatifs, où des chambres d'hôtel, ainsi qu'un gîte, la requérante fait valoir qu'un tel changement de destination est prohibé par l'article 2.2.3 du règlement de la zone rouge du plan de prévention du risque inondation Vallée de la Garonne, zone au sein de laquelle est situé l'immeuble en cause.
5. Toutefois, en premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'extrait de la matrice cadastrale, que la destination du bâtiment construit sur la parcelle cadastrée section AK n° 232 est celle d'une maison d'habitation. La circonstance que ce bâtiment a été utilisé au cours d'une période récente comme entrepôt, bien qu'il n'en présente nullement les caractéristiques et les commodités, s'agissant en particulier des ouvertures, n'a eu nullement pour effet de lui faire perdre, contrairement à ce que soutient la requérante, sa destination d'" habitation " au sens de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, si cet usage a cessé depuis au moins les années quatre-vingt, selon les attestations produites, voire même antérieurement, l'immeuble ne saurait être regardé comme en état d'abandon. Au demeurant, il ressort des documents joints à la requête qu'une entreprise spécialisée dans le graphisme y avait installé son activité au premier étage de 1999 à 2010 et qu'une autre entreprise y avait fixé ses bureaux dans deux pièces, également à l'étage.
6. En deuxième lieu, il apparaît, au vu des pièces du dossier, que les travaux dénoncés se rapportent à la restauration ou la rénovation du clos et du couvert de l'immeuble. Pour ceux qui entrent dans le champ de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme, leur réalisation a été régularisée par une déclaration préalable visant le changement des volets et fenêtres, l'agrandissement d'une fenêtre ainsi que le ravalement de la façade, déposée à la mairie de Quinsac le 13 mars 2023, il est vrai postérieurement à la communication de la requête. Il n'est pas établi que le propriétaire ait entrepris la création de plusieurs logements ou de chambres hôtelières au sein du bâtiment, travaux qui pourraient conduire à un changement de sous-destination au sens de l'article R. 151-28 du code précité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, au regard des travaux entrepris, les mesures d'injonction sollicitées se heurtent à une contestation sérieuse. Par suite, la requête ne peut qu'être rejetée, y compris la demande tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Enfin, dans les circonstances de l'affaire, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Quinsac tendant, sur le fondement de l'article précité, à la mise à la charge de Mme A de la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 2301185 de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Quinsac tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Quinsac.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 16 mai 2023.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026