LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2301189

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301189

jeudi 9 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301189
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2023, M. A C B, représenté par Me Dauguen, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C B soutient que :

- de nationalité portugaise, il est entré en France en mars 2013, avec sa compagne, compatriote, dont il a eu trois enfants nés et toujours scolarisés dans ce pays ;

- depuis son arrivée en France, il a exercé divers emplois pour subvenir aux besoins de sa famille et a créé, le 27 août 2019, sa propre entreprise de nettoyage de véhicules ;

- s'il a été entendu par les services de gendarmerie dans le cadre de soupçons de comportement malveillant à l'égard de ses enfants, il nie les faits reprochés dont la matérialité n'est pas établie ;

- eu égard à son objet, la décision en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts pour que la condition d'urgence soit regardée comme satisfaite, ce d'autant qu'il n'est pas à l'abri d'un placement en rétention administrative ;

- en outre, l'interdiction de circulation l'empêchera de poursuivre son activité professionnelle et, par suite, de subvenir aux besoins de sa famille, comme de répondre à la convocation du procureur de la République, le 24 avril 2023, pour s'expliquer sur les faits en cause ;

- remplissant les conditions posées par l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il bénéficie d'un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français, qui fait obstacle à son éloignement ;

- son comportement ne constituant nullement une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'ordre public ou à la sécurité publique, la décision attaquée est entachée tant d'erreur de fait que d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 251-1 2° du code précité ;

- les faits invoqués dans la décision ne sont pas établis et, en toute hypothèse, s'il est convoqué devant le délégué du procureur de la République à ce sujet, il bénéficie de la présomption d'innocence, aucune condamnation pénale n'ayant été prononcée à son encontre ;

- si la décision mentionne une procédure pour des faits de violence commis en juillet 2020, il n'a pas été condamné et, en réalité victime, il était en état de légitime défense ;

- il est dépourvu d'attaches familiales au Portugal ;

- alors que son retour au Portugal laisserait dans le besoin sa famille, qu'il n'a plus d'attaches dans son pays d'origine et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, la décision porte une atteinte caractérisée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'urgence alléguée à son éloignement n'est pas démontrée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". L'article L. 522-3 dispose cependant que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société " et aux termes de l'article L. 251-4 de ce code : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement du 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ". Aux termes de l'article L. 251-7 du même code : " Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et les interdictions de circulation sur le territoire français prises en application du présent chapitre peuvent être contestées devant le tribunal administratif dans les conditions prévues au chapitre IV du titre I du livre VI. L'article L. 614-5 n'est toutefois pas applicable ". Aux termes de l'article L. 264-1 dudit code : " Outre les dispositions du présent titre, sont également applicables aux étrangers dont la situation est régie par le présent livre les dispositions des articles () L. 722-1 à L. 722-8 () ". Enfin, aux termes de l'article L. 722-7 : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi ".

3. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elles sont contestées devant le tribunal administratif, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et, par suite, celles prononçant une interdiction de circulation, ne peuvent être mises à exécution avant que la juridiction n'ait statué. Par suite ces décisions ne sont pas justiciables de la procédure prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans la mesure où il ne saurait être demandé au juge des référés du tribunal administratif de suspendre l'exécution d'une décision dont le recours en annulation formé contre elle a déjà entraîné un effet suspensif. Dès lors, les conclusions de M. C B tendant à la suspension de l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Gironde a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français et une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée d'un an, décisions dont il a demandé l'annulation pour excès de pouvoir au tribunal administratif, sont, de manière manifeste, irrecevables. Il y a lieu, dans ces conditions de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête n° 2301189 de M. C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 9 mars 2023.

Le juge des référés,

J-M. Bayle

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions