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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301373

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301373
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme A B, qui contestait la décision du ministre de l'intérieur constatant l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul. Mme B soutenait que les infractions des 14 juin 2020 et 2 avril 2022 ne lui étaient pas imputables. Le tribunal a jugé ce moyen inopérant, car il appartient à l'intéressée de contester l'imputabilité des infractions devant le ministère public ou la juridiction pénale, et non dans le cadre d'un recours pour excès de pouvoir contre les retraits de points. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, en raison d'un moyen irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2023 et un mémoire enregistré le 12 septembre 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 31 janvier 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble les décisions de retrait de points qui y sont mentionnées.

Mme B soutient que les infractions commises les 14 juin 2020 et 2 avril 2022 ne lui sont pas imputables.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé est porté devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : ()7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".

3. A l'appui de sa requête, Mme B soutient que les infractions commises les 14 juin 2020 et 2 avril 2022 ne lui sont pas imputables. Toutefois, il appartient au destinataire d'un avis de contravention qui estime ne pas être l'auteur véritable de l'infraction constatée au sujet du véhicule dont il détient le certificat d'immatriculation de formuler, dans le délai de paiement de l'amende forfaitaire, une requête en exonération auprès du service indiqué dans l'avis de contravention, auquel il incombe de transmettre cette requête au ministère public, ou à défaut, de former dans le délai de paiement de l'amende forfaitaire majorée une réclamation auprès du ministère public. Mme B qui n'allège pas avoir saisi la juridiction compétente, ne peut utilement soutenir à l'encontre des retraits de points attaqués que les infractions commises les 14 juin 2020 et 2 avril 2022 ne lui sont pas imputables.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête ne comporte qu'un moyen irrecevable et peut dès lors être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Bordeaux, le 5 décmbre 2024

Le président du tribunal,

G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2301373