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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301379

mercredi 17 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301379
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mars 2023, l'association Défense des milieux aquatiques demande au juge des référés, statuant à titre principal sur le fondement des articles L. 122-11 et L. 414-4 du code de l'environnement, à titre subsidiaire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet de la Gironde rejetant sa demande tendant à l'abrogation du premier alinéa des articles 4, 13 et 14 de l'arrêté du 2 mars 2022 portant règlementation permanente de la police de la pêche en eau douce dans le département de la Gironde ainsi que des annexes 1, 4 et 5 à cet arrêté, en tant que ces dispositions autorisent, d'une part, la pêche de la lamproie marine, de la lamproie fluviatile et de l'alose feinte, d'autre part, l'usage des filets dérivants, des filets fixes et des verveux.

L'association Défense des milieux aquatiques soutient que :

- elle a demandé l'abrogation de l'arrêté en litige par courrier reçue le 9 mars 2023 ;

- eu égard à son objet social et alors qu'elle est agréée pour la protection de l'environnement depuis le 26 septembre 2022, elle justifie d'un intérêt à agir et son président a été autorisé à ester en justice par délibération de son conseil d'administration en date du 13 mars 2023 ;

- la requête est recevable dès lors que le projet de nouvel arrêté réglementaire permanent du préfet de la Gironde révèle un refus d'abroger l'arrêté du 2 mars 2022 ;

- la condition d'urgence est satisfaite eu égard au caractère immédiat, du fait de l'ouverture de la saison de pêche aux lamproies, et à la gravité de l'atteinte qui sera portée aux populations locales dont le mauvais état de conservation a justifié la désignation de plusieurs secteurs comme sites Natura 2000 ;

- l'arrêté du 2 mars 2022 a été édicté en violation de l'article L. 414-4 du code de l'environnement en l'absence d'évaluation environnementale ;

- l'arrêté contrevient au principe de précaution, en méconnaissance de l'article 191 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, de l'article 5 de la charte de l'environnement ainsi que de l'article L. 110-1 du code de l'environnement et viole l'autorité de la chose jugée par le jugement du 5 mai 2022 n° 2101218 du tribunal administratif ;

- l'arrêté est entaché d'illégalité au regard des articles L. 436-16, L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement ainsi que de l'article 12.4 de la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 ;

- l'arrêté contrevient aux prescriptions des articles R. 436-24 et R. 436-25 du code de l'environnement ;

- l'arrêté a été pris à la suite d'une procédure irrégulière faute d'avis du conseil national de la protection de la nature, en violation de l'article R. 411-13-1 du code de l'environnement ;

- la lamproie étant un élément biologique nécessaire à la reproduction de la grande mulette, dont les éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos sont protégés en application des articles 2 et 5 de l'arrêté du 23 avril 2007, l'arrêté du 2 mars 2022 contrevient aux prescriptions de l'article L. 411-1 du code de l'environnement, en l'absence de dérogation répondant aux conditions prévues par les articles L. 411-2 et R. 411-6 à R. 411-14 du code précité.

Par mémoire enregistré le 31 mars 2023, l'association Défense des milieux aquatiques déclare se désister de la présente instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, l'association Défense des milieux aquatiques a demandé au juge des référés, statuant à titre principal sur le fondement des articles L. 122-11 et L. 414-4 du code de l'environnement, à titre subsidiaire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet de la Gironde rejetant sa demande du 9 mars 2023 tendant à l'abrogation du premier alinéa des articles 4, 13 et 14 de l'arrêté du 2 mars 2022 portant règlementation permanente de la police de la pêche en eau douce dans le département de la Gironde ainsi que des annexes 1, 4 et 5 à cet arrêté, en tant que ces dispositions autorisent, d'une part, la pêche de la lamproie marine, de la lamproie fluviatile et de l'alose feinte, d'autre part, l'usage des filets dérivants, des filets fixes et des verveux.

2. Toutefois, par mémoire enregistré le 31 mars 2023, l'association requérante a déclaré se désister de la présente instance, le préfet de la Gironde ayant abrogé l'acte attaqué par arrêté du 28 mars 2023. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête n° 2301379 de l'association Défense des milieux aquatiques.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Défense des milieux aquatiques.

Copie sera adressée au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 17 mai 2023.

Le juge des référés,

J-M. BAYLE

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,