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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2301475

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301475

lundi 10 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301475
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge social

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 mars et 4 avril 2023, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2023 par laquelle la commission de médiation de la Gironde a rejeté son recours et refusé de reconnaître le caractère prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.

Elle soutient qu'elle est hébergée chez un tiers plus précisément chez ses parents et que le logement est sur-occupé dès lors que 11 personnes y vivent et que son père, avec lequel sont nées des tensions, n'accepte de l'héberger que jusqu'à la fin du mois d'avril 2023 ; elle vit avec ses deux enfants dans une chambre de 12 m2.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que par une décision du 27 avril 2023, dans le cadre de l'instruction du recours gracieux exercé par la requérante, la commission de médiation a reconnu que la demande de la requérante était prioritaire et urgente et décidé qu'elle devait être logée d'urgence dans un logement de type T3/T4.Ainsi la requête est devenue sans objet.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'habitation et de la construction ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges concernant la garantie du droit au logement prévue par l'article prévue par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Selon le II de ce même article, sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public.

Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a saisi la commission de médiation de la Gironde en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. La commission de médiation de la Gironde a rejeté sa demande par décision du 23 février 2023 au motif que la requérante était hébergée chez un tiers apparenté en ligne directe ayant obligation alimentaire et que la surface du logement de 100 m2 dans lequel elle vit avec 10 autres personnes ne permet pas de faire regarder sa demande de logement comme prioritaire au titre de la sur-occupation.

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif ; que si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi ; qu'il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la décision de la commission de médiation du 23 février 2023 refusant de reconnaître sa demande de logement comme présentant un caractère urgent et prioritaire, Mme A a exercé le 10 mars 2023 un recours gracieux à l'encontre de cette décision. La commission de médiation a alors réexaminé la demande de la requérante au regard des pièces justificatives jointes à son recours. Par une décision du 23 février 2023, la commission de médiation a retiré la décision initiale et reconnu la demande de Mme A comme prioritaire et urgente en indiquant qu'elle devait résider dans un logement de type T3/T4. Il suit de là que cette décision, intervenue en cours d'instance, rend les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision initiale du 23 février 2023 sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme A.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie sera adressée au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.

La magistrate désignée,

P. BLa greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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