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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2301494

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2301494

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2301494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête enregistrée le 22 mars 2023, Mme C B D, représentée par Me Quevarec, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Gironde a implicitement refusé d'abroger l'arrêté n°223302481 du 12 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde d'abroger l'arrêté n°223302481 du 10 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que de lui délivrer une carte de séjour mention vie privée et familiale en application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 243-1 et L. 243-2 alinéa 2 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que la préfète de la Gironde était tenue d'abroger cet acte non réglementaire non créateur de droit devenu illégal en raison de circonstances de fait postérieures à son édiction ; elle justifie de circonstances nouvelles dès lors que de sa relation avec M. E est né un enfant le 15 novembre 2022 à Bordeaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

II - Par une requête enregistrée le 22 mars 2023, M. A E, représenté par Me Quevarec, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Gironde a implicitement refusé d'abroger l'arrêté du 12 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde d'abroger l'arrêté n°223302482 du 10 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que de lui délivrer une carte de séjour mention vie privée et familiale en application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 243-1 et L. 243-2 alinéa 2 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que la préfète de la Gironde était tenue d'abroger cet acte non réglementaire non créateur de droit devenu illégal en raison de circonstances de fait postérieures à son édiction ; il justifie de circonstances nouvelles dès lors que de sa relation avec Mme B D est né un enfant le 15 novembre 2022 à Bordeaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Munoz-Pauziès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B D et M. A E, ressortissants brésiliens nés respectivement les 2 août 1997 et 1er décembre 1981, déclarent être présents sur le territoire français depuis le 8 mars 2020. Ils ont sollicité, les 22 et 27 juillet 2020, le bénéfice de l'asile. Leurs demandes ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par des décisions du 29 janvier 2021, confirmées le 10 décembre 2021 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par deux arrêtés du 12 octobre 2022, la préfète de la Gironde a refusé de leur délivrer le titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils seront éloignés à défaut de se conformer à cette mesure. Aux termes de deux courriers réceptionnés par les services de la préfecture de la Gironde les 4 et 5 janvier 2023, Mme B D et M. E ont sollicité, d'une part, l'abrogation desdits arrêtés et d'autre part, la délivrance de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme B D et M. E demandent l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de la Gironde a implicitement refusé d'abroger les arrêtés litigieux du 12 octobre 2022.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2301494 et n° 2301495, présentées par M. E et Mme B D présentent à juger des questions semblables. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.

Sur la légalité du refus d'abroger les arrêtés du 12 octobre 2022 :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6 ". Aux termes de l'article L. 243-2 du même code : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. ". Il appartient à tout intéressé de demander à l'autorité compétente de procéder à l'abrogation d'une décision illégale non réglementaire qui n'a pas créé de droits, si cette décision est devenue illégale à la suite de changements dans les circonstances de droit ou de fait postérieurs à son édiction.

4. Pour contester la décision portant refus d'abrogation des arrêtés du 12 octobre 2022 de la préfète de la Gironde portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, Mme B D et M. E se prévalent de l'évolution de leurs situations personnelles dès lors que de leur relation est née une fille, le 15 novembre 2022 à Bordeaux, et qu'ils participent à des activités auprès d'associations. Toutefois, ces circonstances, certes postérieures à l'édiction des arrêtés du 12 octobre 2022 portant refus de titre de séjour, ne sont pas de nature à entrainer l'illégalité de ces arrêtés. Par suite, Mme B D et M. E ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions de refus d'abrogation des arrêtés du 12 octobre 2022. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2301494 de Mme B D et n° 2301495 de M. E sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B D, M. A E et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La présidente-rapporteure,

F. MUNOZ-PAUZIÈS L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

A. LAHITTE

La greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2301494

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