jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301765 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, M. A C, représenté par Me Babou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, l'ensemble dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- cette décision n'est pas motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;
- il a été privé de son droit à être entendu ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été édictée en méconnaissance de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;
- elle a été édictée en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Un mémoire en production de pièces présenté par le préfet de la Gironde a été enregistré le 8 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant de nationalité tunisienne né le 23 novembre 1989, déclare être entré en France le 10 juin 2017. Le 8 mars 2022, il a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour au préfet de la Gironde. Il demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté cette demande.
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance et que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre cette décision, qui ont perdu leur objet.
3. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 10 juin 2023, le préfet de la Gironde a expressément rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. C, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Cet arrêté a eu pour effet de retirer la décision implicite de refus de séjour, et ce retrait doit être regardé comme définitif dès lors que l'arrêté du 10 juin 2023, dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal du 21 février 2024, n'a été attaqué qu'en tant qu'il a rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. C, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, et non en tant qu'il retirait cette décision implicite. Il suit de là que les conclusions dirigées contre cette décision implicite ont perdu leur objet. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme D et Mme B, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
La rapporteure,
E. D
Le président,
D. FERRARI Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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