mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301925 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire confirmant le maintien de cette dernière, non communiqué, enregistrés le 7 avril 2023 et le 30 août 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 février 2023 par lequel le préfet de la Gironde a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois.
M. B soutient que :
- avoir consommé du cannabidiol CBD et avoir attendu sept heures avant de prendre le volant ;
- il a pris rendez-vous pour une visite médicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est opérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative ;
- l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu en audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet d'un contrôle de gendarmerie le 9 février 2023. La rétention immédiate de son permis de conduire a été prononcée au motif qu'il circulait sous l'emprise de stupéfiants. Le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 10 février 2023, suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves de vérification prévues au même article L. 235-2 (). II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. Cette durée peut être portée à un an en cas d'accident de la circulation ayant entraîné la mort d'une personne ou ayant occasionné un dommage corporel, en cas de conduite sous l'empire d'un état alcoolique, de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2. III.- A défaut de décision de suspension dans le délai prévu au premier alinéa du I du présent article, le permis de conduire est remis à la disposition de l'intéressé, sans préjudice de l'application ultérieure des articles L. 224-7 à L. 224-9 ".
3. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route : " I. - Le dépistage, à partir d'un recueil salivaire, est réalisé au moyen de tests salivaires respectant les seuils minima de détection suivants : 1° S'agissant des cannabiniques : - 9 - tétrahydrocannabinol (THC) : 15 ng/ml de salive () ". Aux termes de l'article 10 du même arrêté : " Les analyses sont exécutées avec des matériels et des méthodes respectant les seuils minima de détection suivants : / I. - En cas d'analyse salivaire : / 1° S'agissant des cannabiniques : / - 9 - tétrahydrocannabinol (THC) : 1 ng/ml de salive (ou équivalent) () ".
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport d'analyses du laboratoire Toxgen produit en défense, que la recherche de stupéfiants dans le prélèvement salivaire de M. B s'est révélée positive. En se bornant à soutenir qu'il n'aurait consommé que du cannabidiol (CBD), produit dépourvu de propriétés stupéfiantes au sens du II de l'article R. 5132-86 du code de la santé publique, M. B n'établit pas que les conditions posées pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 224-2 du code de la route n'étaient pas réunies et qu'il ne pouvait donc pas faire l'objet d'une suspension de permis de conduire.
5. En second lieu, si M. B soutient qu'il a pris rendez-vous pour se soumettre à une visite médicale, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et le moyen doit donc être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 février 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.
Le président du tribunal,
G. CORNEVAUX La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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