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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2302401

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2302401

lundi 22 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2302401
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Ghettas, demande à la juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 17 avril 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui accorder un titre de séjour ou de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire et mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que : l'urgence est établie, elle remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de résident, la décision attaquée n'est pas motivée, sa demande n'a pas fait l'objet d'un examen particulier, la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, elle méconnait les articles L. 423-23 et L. 433-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la décision contestée lui accordait un titre de séjour de 2 ans mais qu'il a pris une nouvelle décision le 15 mai 2023 qui lui refuse la carte de résident mais lui accorde un titre de séjour de deux ans.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 mai 2023 sous le numéro 2302400 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A serait entrée en France en 2006 et a bénéficié de titres de séjour renouvelés jusqu'au 29 juillet 2022. Le 23 mai 2022 elle a déposé une demande en vue de bénéficier d'un nouveau titre de séjour sur le même fondement et d'une carte de résident. Par une décision du 17 avril 2023 le préfet de la Gironde lui a accordé un titre de séjour pluriannuel de 2 ans mais a rejeté sa demande de carte de résident. Mme A a saisi le juge des référés d'une demande de suspension de cette décision. Toutefois, la requérante a été destinataire d'une nouvelle décision du 15 mai 2023. Aussi, cette dernière décision s'étant substituée à la décision de rejet initialement contestée, Mme A doit être regardée comme présentant des conclusions afin de suspension d'exécution de la décision du 15 mai 2023 du préfet de la Gironde.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier, que la décision du 15 mai 2023 se borne à refuser à l'intéressée une carte de résident mais lui accorde un titre de séjour pluriannuel de deux ans. En l'état de l'instruction, la décision du 15 mai 2023 est suffisamment motivée, la situation de la requérante a fait l'objet d'un examen particulier, n'est pas entachée de vice de procédure et aucun des moyens d'illégalité interne invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions en injonction doivent également être rejetées.

4. Mme A demande son admission à l'aide juridictionnelle provisoire. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il devait être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés au cours de l'instance et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme A et au préfet de la Gironde.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 22 mai 2023.

La juge des référés,La greffière,

F. CC. GIOFFRE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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