LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2302494

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2302494

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2302494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 mai 2023 et le 2 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Cesso, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 avril 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer le certificat de résidence sollicité, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision litigieuse a été signée par une autorité ne disposant pas d'une délégation de signature régulière ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien dès lors qu'il justifie de trois années de séjour régulier ininterrompu en France et de ressources propres et suffisantes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Gélas,

- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,

- et les observations de Me Cesso, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 6 mars 1985, est entré en France le 19 janvier 2016 sous couvert d'un visa de court séjour " famille C " valable du 21 décembre 2015 au 17 juin 2016. Il a ensuite bénéficié d'un titre de séjour valable du 27 juin 2016 au 26 juin 2017 en qualité de conjoint C. Le couple s'étant séparé, il a sollicité le 13 avril 2017 un changement de statut au profit d'une carte commerçant. Cette demande a été rejetée par arrêté du 10 janvier 2019, qui a été annulé par jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 8 avril 2019. La préfète de la Gironde lui a alors délivré un titre de séjour mention " commerçant " d'une validité d'un an, régulièrement renouvelé, dont le dernier est valable du 7 avril 2023 au 6 avril 2024.

2. Le 28 juillet 2022, M. B a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par décision du 7 avril 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer ce titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis. ". Et aux termes de l'article 7 bis de ce même accord : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. / Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () / h) Au ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une validité d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", lorsqu'il remplit les conditions prévues aux alinéas précédents ou, à défaut, lorsqu'il justifie de cinq années de résidence régulière ininterrompue en France. () ".

4. Il résulte de ces stipulations qu'il appartient au requérant qui sollicite la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans, après avoir démontré entrer dans l'un des cas visés à l'article 7 de l'accord franco-algérien, d'établir, d'une part, la permanence et l'effectivité de sa résidence en France depuis trois ans, et, d'autre part, de justifier de ses moyens d'existence et notamment des conditions d'exercice de son activité professionnelle.

5. Pour refuser de délivrer à M. B un certificat de résidence de dix ans, le préfet s'est fondé sur l'absence de justification de ressources propres et suffisantes sur les trois dernières années. En l'espèce, il n'est pas contesté que M. B résidait de façon permanente en France depuis au moins trois ans à la date de la décision contestée. Il ressort des pièces du dossier qu'il exerce les activités de commerçant, dirigeant une société par actions simplifiée en charge d'un commerce de téléphonie mobile depuis le 1er mars 2018, ainsi que de coursier à vélo, sous statut d'auto-entrepreneur depuis le 7 juillet 2021. Selon les avis d'imposition versés au débat il a déclaré des salaires perçus nets d'un montant annuel de 4 196 euros, 6 320 euros et 6 321 euros respectivement au titre des années 2020, 2021 et 2022, ainsi que des bénéfices industriels et commerciaux d'un montant annuel de 7 700 euros et 21 100 euros au titre des années 2021 et 2022, soit un total annuel de revenus disponibles de 14 020 euros pour 2021 et de 27 421 euros pour 2022. Il n'est pas contesté que ses revenus annuels sont ainsi en progression régulière sur les trois dernières années, et son revenu net imposable supérieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance en 2022. M. B établit par ailleurs être célibataire, sans charge de famille, et être logé gratuitement par son frère, et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait d'autres charges. A supposer même qu'il partage le montant du loyer avec son frère, ainsi que le fait valoir en défense le préfet, il ressort des pièces du dossier que le requérant et son frère habite un appartement de type T2 dont le loyer est modique, et ne saurait dès lors grever significativement les charges de M. B. Dans ces circonstances, en estimant qu'il ne justifiait pas disposer de moyens d'existence suffisants au sens des stipulations précitées de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, le préfet de la Gironde a fait une inexacte application de ces stipulations.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 avril 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans.

Sur l'injonction :

7. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, en l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que le titre de séjour sollicité sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 soit délivré au requérant sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Gironde de délivrer ce titre de séjour au requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet de la Gironde du 7 avril 2023 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans à M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chauvin, présidente,

M. Vaquero, premier conseiller,

Mme de Gélas, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.

La rapporteure,

C. DE GÉLAS

La présidente,

A. CHAUVIN

La greffière,

C. LALITTE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions