mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303127 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 et 27 juin 2023, M. A B, représenté par Me Mindren, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du préfet de la Gironde du 2 juin 2023 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance le temps de l'examen de sa requête au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour et qu'il ne peut plus travailler ;
S'agissant du refus de titre de séjour,
- il méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 9 de la convention franco-ivoirienne et est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il justifie suivre des études en France et dispose de moyens d'existence suffisants ;
- la décision litigieuse n'est pas motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa demande, dès lors que la décision mentionne qu'il est démuni de toute attache familiale en France, alors qu'il a communiqué son acte de mariage le 14 novembre 2022 ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français,
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les articles 8 et 3-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il est marié depuis le 24 juin 2022 à une ressortissante haïtienne titulaire d'un titre de séjour en qualité d'étudiante valable jusqu'au 26 octobre 2023, et qu'un enfant est né de cette union le 23 avril 2023 ;
- elle est insuffisamment motivée ;
Par un mémoire en défense, enregistrés le 26 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2303122 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Mindren pour le requérant ;
- le préfet de la Gironde n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ().
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. D'une part, la décision contestée portant refus de renouvellement du titre de séjour accordé à l'intéressé, la condition liée à l'urgence doit être regardée comme satisfaite.
3. D'autre part, en l'état de l'instruction, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de la demande de M. B est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 juin 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Il est enjoint au préfet de la Gironde de délivrer à M. B une autorisation de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 2 juin 2023 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de délivrer à M. B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 28 juin 2023.
La juge des référés,
F. C La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026