mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BENAGES |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la défense ;
- le décret n° 2020-782 du 25 juin 2020 relatif aux élèves officiers des écoles du service de santé des armées ;
- décret du n° 2008-933 du 12 septembre 2008 portant statut particulier des praticiens des armées ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Josserand,
- les conclusions de Mme Caste, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, engagée depuis le 6 août 2014 en qualité d'élève officier médecin, était interne à l'hôpital d'instruction des armées Robert Picqué. À la suite de son refus de se soumettre à l'obligation vaccinale contre la covid 19, elle a été suspendue de ses fonctions à compter du 15 février 2022 pour des périodes de quinze jours puis trente jours, régulièrement renouvelées. Après avis du conseil d'instruction des écoles du Val de Grâce du 4 juillet 2022, le ministre des armées l'a, par un arrêté du 21 septembre 2022, radiée des cadres et informée qu'elle était tenue de rembourser les frais liés à sa formation. Son recours administratif préalable introduit le 21 septembre 2022 a été rejeté par une décision du ministre des armées du 29 mars 2023, dont Mme B demande l'annulation.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des conclusions comme des motifs du recours administratif préalable formé par Mme B le 19 novembre 2022, qu'elle a seulement demandé au ministre d'annuler son arrêté du 21 septembre 2022 " en tant qu'il prévoit que Mme B sera tenue au remboursement de sa formation " et non en tant qu'il l'a radiée des cadres. Par sa décision du 29 mars 2023, le ministre a d'ailleurs rejeté ce recours administratif préalable obligatoire dans cette seule mesure. Si par sa requête enregistrée le 26 mai 2023 par le tribunal administratif de Paris, Mme B demande l'annulation de l'arrêté de radiation des cadres du 21 septembre 2022, elle doit être regardée, compte-tenu tant des moyens qu'elle invoque, exclusivement dirigés contre la décision du 29 mars 2023, que de ses conclusions à fin d'injonction, comme sollicitant uniquement l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. La décision du 29 mars 2023, prise sur recours administratif préalable, se substitue, dans la mesure rappelée au point précédent, à la décision le 19 novembre 2022 dont elle n'avait à respecter ni le sens ni les motifs. Par suite, la requérante ne peut sérieusement soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit ou d'un défaut de motivation au seul motif qu'elle ne serait pas fondée sur les mêmes circonstances de fait et de droit que la décision initiale. Au demeurant, il ressort au contraire des motifs de cette décision que, pour lui faire obligation de rembourser sa formation, le ministre s'est fondé sur les motifs initialement retenus auxquels il a seulement ajouté un autre motif tiré du refus de l'intéressée de se soumettre à son obligation vaccinale.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. Aux termes de l'article L. 4139-14 du code de la défense : " La cessation de l'état militaire intervient d'office dans les cas suivants : () 3° Par mesure disciplinaire dans le cas où elle entraîne la radiation des cadres ou la résiliation du contrat () ; 5° Pour résultats insuffisants en cours de scolarité, pour les élèves des écoles militaires ; () ". Aux termes de l'article 45 du décret du 12 septembre 2008, dans sa version en vigueur à la date d'adoption de l'arrêté attaqué : " Les praticiens des armées qui, pour toute autre cause que l'inaptitude médicale dûment constatée ou l'atteinte de la limite d'âge de leur grade, ne satisfont pas à l'engagement qu'ils ont contracté, sont tenus à un remboursement des rémunérations perçues dans les conditions suivantes : / 1° S'ils ne respectent pas l'engagement prévu à l'article 9 du décret n° 2020-782 du 25 juin 2020 relatif aux élèves officiers des écoles du service de santé des armées ". Aux termes de l'article 9 du décret du 25 juin 2020 : " Les candidats admis en qualité d'élève médecin contractent un engagement à servir en position d'activité d'une durée égale au double du temps de la formation suivie en tant qu'élève officier de carrière augmentée du triple du temps passé, dans la position d'activité, dans le corps des internes des hôpitaux des armées. Toutefois, les périodes de formation non validées pour des raisons tenant à l'attribution de congés de maladie, de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption ne sont pas prises en compte dans la durée de cet engagement ". Le I. de l'article 13 du même décret prévoit que : " Sont tenus à remboursement les élèves officiers qui sont rayés des contrôles avant l'issue de leur scolarité. () ". L'article 15 de ce décret précise que : " Sont exonérés de l'obligation de remboursement prévue à l'article 13 les élèves officiers admis dans les écoles du service de santé des armées avant l'entrée en vigueur du présent décret et qui seraient rayés des contrôles avant l'issue de leur scolarité soit en raison de l'impossibilité de poursuivre leurs études pour des motifs, autres que disciplinaires, tenant à l'application des règlements universitaires, soit à la suite de leur exclusion en fin de première année d'études pour résultats insuffisants ". Enfin, aux termes de l'article 12 de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " I. Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique ainsi que les hôpitaux des armées mentionnés à l'article L. 6147-7 du même code ; ".
5. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée que, pour radier Mme B des cadres, le ministre des armées s'est fondé sur les 3° et 5° de l'article L. 4139-14 du code de la défense, applicable, respectivement, aux élèves des écoles militaires dont le comportement justifie la sanction d'exclusion et ceux dont les résultats sont insuffisants. Elle n'est donc pas fondée à soutenir qu'elle n'était pas tenue au remboursement en application de la combinaison des dispositions du 9° de l'article L. 4139-14 du code de la défense et des articles L. 4139-15-1 et R. 4139-52 du même code qui concernent uniquement, selon ses propres termes, le militaire précédemment admis à suivre une formation spécialisée dont une enquête administrative a fait apparaître que le comportement est devenu incompatible avec l'exercice de ses fonctions eu égard à la menace grave qu'il fait peser sur la sécurité intérieure.
6. En second lieu, en signant son engagement initial en qualité d'élève officier médecin le 6 août 2014, Mme B a été informée être " tenue à remboursement, si elle ne satisfait pas à l'engagement précité, sauf si elle est rayée des contrôles pour cause d'inaptitude médicale dûment constatée ou si elle se trouve placée dans l'impossibilité de poursuivre ses études pour des raisons, autres que médicales, tenant à l'application des règlements universitaires ".
7. Il ressort des pièces du dossier, comme dit au point 5, que la radiation des cadres de Mme B est fondée à la fois sur l'insuffisance de ses résultats et sur un motif disciplinaire dès lors, d'une part, qu'elle ne s'est pas soumise à l'obligation vaccinale édictée par la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 et, d'autre part, que la mesure de suspension dont elle a fait consécutivement fait l'objet, ne lui a pas permis de suivre sa formation à compter du 15 février 2022. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été placée dans l'impossibilité de poursuivre ses études pour des motifs tenant à l'application des règlements universitaires au sens des dispositions précitées de l'article 15 du décret du 25 juin 2020 ni, par suite, qu'elle aurait dû être exonérée, pour ce motif et en application de ce même article, de l'obligation de remboursement.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, de même que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bourgeois, président,
- Mme Jaouën, première conseillère,
- M. Josserand, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le rapporteur,
L. JOSSERANDLe président,
M. BOURGEOIS
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026