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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2303326

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2303326
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJU-6 semaines

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juin 2023, M. A B, représenté par Me Trebesses, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2023 par lequel le préfet de la Dordogne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

- ces décisions sont insuffisamment motivées ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;

- le préfet a commis une erreur de fait;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et sur droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 et 16-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur de droit.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, le préfet de la Dordogne conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que l'arrêté attaqué a été retiré le 25 juillet 2023.

Par un mémoire, enregistré le 1er août 2023, M. B déclare ne maintenir ses conclusions qu'en ce qui concerne les frais irrépétibles.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant béninois né le 1er décembre 1992, a déclaré être entré en France en décembre 2021. Il a sollicité le bénéfice de l'asile le 9 février 2022. Par une décision du 30 juin 2022, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 20 avril 2023. Par un arrêté du 8 juin 2023, le préfet de la Dordogne lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

2. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 25 juillet 2023, postérieur à l'enregistrement de la requête, le préfet de la Dordogne a retiré l'arrêté du 8 juin 2023 attaqué. Dans son mémoire, enregistré le 1er août, M. B se désiste de ses conclusions aux fins d'annulation. Ce désistement est pur et simple. Rien n'empêche qu'il en soit donné acte.

3. Le requérant étant bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 000 euros à verser au conseil de M. B, Me Trebesses, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B.

Article 2 : L'Etat versera à Me Trebesses, avocat de M. B, la somme de 1 000 (mille) euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Dordogne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La présidente,

C. C La greffière,

C. GIOFFRE

La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,