mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303378 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5, 28 juin, et 19 octobre 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Gironde de lui communiquer les informations médicales concernant ses deux enfants et notamment les noms des professionnels de santé qu'ils ont consultés durant leur placement ;
2°) de condamner la CPAM de la Gironde à lui payer une somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi ;
3°) de mettre à la charge de la CPAM de la Gironde une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la CPAM lui a opposé le secret professionnel, puis lui a demandé de fournir le jugement de placement et une pièce justificative de ce qu'il a exercé durant ce placement l'autorité parentale sur ses enfants mineurs, au mépris de ses droits parentaux et de l'avis de la commission d'accès aux documents administratifs. Ce refus de communication abusif lui a causé un préjudice.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 juillet et 9 aout 2023, la CPAM de la Gironde informe le tribunal qu'elle a transmis les informations demandées par M. B le 20 juillet 2023 et conclut au rejet de sa demande indemnitaire.
Les parties ont été informéesle 26 octobre 2023, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que compte tenu de la transmission à M. B des informations médicales qu'il avait sollicitées concernant ses deux enfants de décembre 2019 à juin 2021, le tribunal était susceptible de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à la communication de ces informations et l'irrecevabilité de ses conclusions indemnitaires en l'absence de liaison du contentieux.
Par un mémoire, enregistré le 20 novembre 2023, M. B a présenté ses observations sur ce moyen d'ordre public et précisé qu'il entendait maintenir l'ensemble de ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que postérieurement à l'enregistrement de la requête de M. B, l'assurance maladie a, le 20 juillet 2023, transmis au requérant des relevés détaillés des consultations et frais exposés par la CPAM au profit de ses deux enfants durant leur placement, comprenant les dates et noms des professionnels les ayant suivis. Dans ces conditions, les conclusions en injonction présentées par M. B sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
4. En l'absence, au jour de la présente ordonnance, de toute décision de l'assurance maladie rejetant une demande indemnitaire de M. B, le recours de ce dernier tendant à ce que la CPAM lui verse une somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi du fait de l'absence de communication des informations médicales qu'il avait demandées concernant ses enfants, est manifestement irrecevable. Les conclusions indemnitaires doivent, pour ce motif, être rejetées.
5. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde de lui communiquer les informations médicales concernant ses deux enfants et notamment les noms des professionnels de santé qu'ils ont consultés durant leur placement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée M. B et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 28 février 2024.
La présidente de la 5e chambre,
A. CHAUVIN
La République mande et ordonne au ministre en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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