mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 20 juillet 2023, le président du tribunal administratif de Limoges a transmis le dossier de la requête de M. B, enregistrée le 14 février 2023.
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 19 janvier 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité.
Il doit être regardé comme soutenant que cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les faits délictueux qui lui sont reprochés, datant de 2014 et 2016, sont anciens, n'ont fait l'objet que d'un simple rappel à la loi, sans condamnation ni amende et n'ont pas fait obstacle à la délivrance de sa précédente carte en 2017.
Par ordonnance du 12 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 12 février 2024.
Un mémoire en défense présenté pour le Conseil national des activités privées de sécurité a été enregistré le 27 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Gélas,
- et les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a sollicité, le 8 novembre 2022, le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Par décision du 19 janvier 2023 dont il sollicite l'annulation, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de faire droit à sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieur : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".
3. Pour refuser de délivrer à M. B la carte professionnelle d'agent privé de sécurité qu'il sollicitait, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité s'est fondé sur la mise en cause de l'intéressé, le 6 mars 2016, en qualité d'auteur de fait de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours, et, du 8 avril 2014 au 26 juillet 2016, pour des faits d'exécution de travail dissimulé.
4. Toutefois, M. B, qui reconnait avoir fait l'objet d'un rappel à la loi pour ces faits commis en 2014 et 2016, soutient, sans être contredit en défense par le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité, qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale. Ces faits étant par ailleurs anciens à la date de la décision contestée, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il y a eu une quelconque réitération postérieure, le requérant est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision du 19 janvier 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 janvier 2023 du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
Mme Jaouën, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
C. DE GÉLAS
La présidente,
A. CHAUVINLa greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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