jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée le 7 août 2023 sous le n° 2304367, M. A E, représenté par Me Babou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 3 juin 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une absence de motivation ;
- le préfet de la Gironde n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le préfet de la Gironde n'a pas examiné la demande d'autorisation de travail ;
- il a été privé de son droit d'être entendu conformément aux stipulations de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- elle méconnait l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;
- elle méconnait l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Le préfet de la Gironde n'a pas produit de mémoire en défense.
II - Par une requête enregistrée le 29 juin 2024 sous le n° 2404066, M. A E, représenté par Me Babou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris en son ensemble :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa demande ;
- il a été privé de son droit d'être entendu conformément aux stipulations de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que le préfet de la Gironde n'a pas examiné la demande d'autorisation de travail ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- il méconnait les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;
- il méconnait l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant tunisien né le 27 septembre 1992, est entré en France le 10 novembre 2017 muni d'un visa C court séjour, valable du 30 octobre 2017 au 29 décembre 2017. Il a sollicité l'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail. M. E demande, d'une part, l'annulation de la décision née le 3 juin 2023, par laquelle le préfet de la Gironde a implicitement refusé son admission au séjour, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 31 mai 2024, par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2304367 et 2404066 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 2304367 de M. E tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Gironde a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour doit être regardée comme étant dirigée contre la décision explicite du 31 mai 2024 par laquelle le préfet de la Gironde a confirmé ce refus en l'assortissant d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour et celle portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 31 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°33-2023-164, donné délégation à Mme D B, cheffe du bureau de l'admission au séjour des étrangers, signataire de l'arrêté litigieux, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions, documents et correspondances prises en application des livres II, IV, VI et VIII (partie législative et réglementaire) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Gironde s'est fondé pour prendre les décisions contestées. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de défaut d'examen approfondi de sa demande doivent être écartés.
7. En troisième lieu, le requérant ne précise pas en quoi il aurait disposé d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soient pris la décision contestée et qui, si elles avaient pu lui être communiquées à temps, auraient été susceptible d'influer sur le sens de celles-ci.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 5221-17 du code du travail : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur ou au mandataire qui a présenté la demande, ainsi qu'à l'étranger ". Les dispositions précitées du code du travail prévoient que la demande d'autorisation de travail présentée par un étranger déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet par l'employeur. Il résulte également de ces dispositions que le préfet régulièrement saisi d'une demande d'autorisation de travail est tenu de la faire instruire et ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressé au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail ou de contrat de travail visé par l'autorité compétente. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet, saisi par un étranger déjà présent sur le territoire national et qui ne dispose pas d'un visa de long séjour, d'examiner la demande d'autorisation de travail ou de la faire instruire par les services compétents du ministère du travail, préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance du titre de séjour.
9. M. E fait valoir que le préfet de la Gironde n'a pas examiné, à l'appui de sa demande de titre de séjour, sa demande d'autorisation de travail. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes même de l'arrêté du 31 mai 2024, que le préfet de la Gironde a pris connaissance de sa demande d'autorisation de travail. En outre, en l'absence de visa long séjour, le préfet n'était pas tenu d'examiner une telle demande. Dès lors, le moyen tiré d'un vice de procédure résultant de ce que le préfet n'a pas examiné sa demande d'autorisation de travail doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié ". / () ". Aux termes de l'article 11 de cet accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
11. D'une part, dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien précité prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. M. E ne saurait donc se prévaloir de ces dispositions à l'encontre du refus de titre de séjour qui lui a été opposé.
12. D'autre part, si M. E se prévaut de son expérience professionnelle, de ses activités salariées depuis 4 ans, et de sa présence sur le territoire depuis 6 ans, il n'est pas contesté que l'intéressé ne dispose pas du contrat de travail visé par les autorités compétentes exigé par l'article 3 de l'accord franco-tunisien, ni d'un visa long séjour exigé par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde était fondé à refuser de délivrer le titre sollicité. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 doit par suite être écarté.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Cet article n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
14. M. E fait valoir qu'il réside en France depuis 2017, qu'il y entretient des relations amicales fortes et stables et qu'il démontre d'une réelle volonté d'insertion et d'intégration sociale dès lors qu'il dispose d'une ancienneté de travail significative sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. E s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis la fin de son visa en décembre 2017 et qu'il n'y a pas résidé de manière continue, dès lors qu'il précise dans son curriculum vitae qu'il a exercé une activité professionnelle à Milan pour les années 2018 et 2019. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant, qui a vécu en Tunisie jusqu'à l'âge de 25 ans, n'y est pas dépourvu d'attaches dès lors ses parents et l'ensemble de sa fratrie y résident toujours. Les seules circonstances qu'il ne se trouve pas en situation de polygamie et qu'il respecte les valeurs républicaines et ne représente aucun danger pour l'ordre public, ne sont pas de nature à lui ouvrir un droit au séjour et ne relèvent pas davantage de motifs exceptionnels justifiant à ce que lui soit délivré le titre demandé. En outre, si M. E fait valoir qu'il a exercé plusieurs activités professionnelles depuis 2019 en travaillant en qualité de chauffeur, de livreur, ripeur et monteur en contrat à durée indéterminée en 2021 et les fonctions de ripeur pour la société ZK Transports en contrat à durée indéterminée depuis 2022, l'ensemble de ces éléments ne sont pas de nature à constituer des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires pouvant justifier que lui soit accordé une admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Gironde a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.
15. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
16. Le moyen tiré de ce que l'arrêté aurait été édicté en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à exciper l'illégalité de la décision de refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de son recours dirigé contre la décision fixant le pays de destination.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mai 2024.
Sur les autres conclusions de la requête :
19. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 31 mai 2024, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024 où siégeaient :
- M. Dominique Ferrari, président,
- Mme Eve Wohlschlegel, première conseillère,
- Mme Khéra Benzaïd, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le président-rapporteur
D. C
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
E. Wohlschlegel
La greffière,
E. Souris
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,, 2404066
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