lundi 4 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304487 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TAORMINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 29 et le 30 août 2023, la SAS Amélie, représentée par Me Maginot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de Saint-Emilion du 4 août 2023 portant interdiction de l'utilisation de braseros et/ou tout autre dispositif de cuisson au feu de bois à des fins d'activités professionnelles de restauration, dans l'enceinte de la cité intra-muros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Emilion la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'une situation d'urgence puisque l'arrêté en litige a pour effet d'interdire, purement et simplement, sans restriction de date ni de lieu, l'utilisation des braseros qui constitue la caractéristique essentielle de son activité de restauration. Sa suppression impact son chiffre d'affaires puisque le restaurant n'est pas équipé pour les cuissons des aliments. Ainsi son activité de restaurant serait compromise et entrainerait une fermeture de l'établissement en pleine période estivale cruciale pour la santé économique de l'établissement
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ;
- l'arrêté ne vise en réalité que la SAS Amélie, dont le restaurant " Les Jardins d'Amélie " est le seul à utiliser un tel dispositif de cuisson à Saint-Émilion. L'arrêté en litige a donc le caractère d'une décision individuelle ; il a, en tout état de cause, été pris en considération de la personne au sens de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par conséquent, préalablement à l'édiction de son arrêté, le maire de Saint-Émilion devait informer la SAS Amélie notamment de la mesure qu'il était envisagé de prendre, et de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales ainsi que du délai qui lui était laissé à cet effet. Le maire de Saint-Émilion s'est contenté de lui adresser, une lettre simple datée du 22 juillet 2023 qui n'informe pas de la sanction envisagée d'interdiction des braseros et n'informe pas de la possibilité de présenter des observations. En outre, le motif du risque incendie n'est pas mentionné. Par suite, l'arrêté en litige a été pris sans respecter la procédure contradictoire préalable obligatoire ;
- l'arrêté d'interdiction est infondé et disproportionné ; il s'agit d'une interdiction générale qui n'est pas justifiée ni limitée dans le temps ni géographiquement puisqu'elle s'applique en tout lieu dans le bourg.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2023, la commune de Saint-Emilion, représentée par Me Taormina, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS Amélie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, que les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas satisfaites.
Vu
- la requête enregistrée le 14 août 2023 sous le n° 2304486 par laquelle la SAS Amélie demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. Ferrari, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 août 2023 à 11 h :
- le rapport de M. Ferrari, juge des référés ;
- les observations de Me Maginot pour la SAS Amélie ;
- les observations de Me Taormina, pour la commune de Saint-Emilion.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Amélie est propriétaire depuis le 2 juin 2023 d'un fonds de commerce pour l'exploitation d'un restaurant dans le bourg de Saint-Emilion sous l'enseigne " les Jardins d'Amélie ", qui a pour concept de réaliser les cuissons chaudes à l'aide d'un brasero installé dans le jardin du restaurant. La SAS Amélie, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de Saint-Emilion du 4 août 2023 portant interdiction de l'utilisation de braseros et/ou tout autre dispositif de cuisson au feu de bois à des fins d'activités professionnelles de restauration, dans l'enceinte de la cité intra-muros.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'arrêté en litige, qui a pour objet d'interdire sans restriction l'utilisation des braseros, a pour effet de compromettre l'existence de l'établissement de restauration de la SAS Amélie qui repose uniquement sur cette technique de cuisson des aliments. Ainsi, la SAS Amélie justifie de circonstances particulières caractérisant l'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. En l'état de l'instruction, le moyen invoqué par la SAS Amélie et tiré du caractère disproportionné de l'interdiction édictée par l'arrêté contesté du 4 août 2023 est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de cet acte.
6. Il résulte de ce qui précède que les conditions exigées par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de Saint-Emilion du 4 août 2023 portant interdiction de l'utilisation de braseros et/ou tout autre dispositif de cuisson au feu de bois à des fins d'activités professionnelles de restauration, dans l'enceinte de la cité intra-muros.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS Amélie, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé, la somme dont la commune de Saint-Emilion demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint Emilion une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SAS Amélie et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La décision du 4 août 2023, par laquelle le maire de la commune de Saint- Emilion a interdit l'utilisation de braseros et/ou tout autre dispositif de cuisson au feu de bois à des fins d'activités professionnelles de restauration, dans l'enceinte de la cité intra-muros, est suspendue.
Article 2 : La commune de Saint-Emilion versera à la SAS Amélie la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Emilion tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Amélie et au maire de la commune de Saint-Emilion.
Fait à Bordeaux, le 4 septembre 2023.
Le juge des référés,
D. FERRARI
La greffière,
H. MALO.
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026