mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304510 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 16 août 2023, le préfet de la Gironde demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel positif que la maire de la commune du Barp a délivré le 22 mars 2023 à M. C D et Mme A B en vue de détacher un lot à construire, sur un terrain situé 32 chemin de Camp Beil, constitué par une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 1980, et une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 2014, ensemble la décision du 15 juin 2023 par laquelle cette autorité a rejeté le recours gracieux formé contre ce certificat d'urbanisme par le sous-préfet d'Arcachon.
Il soutient que le certificat d'urbanisme déféré à la censure du tribunal a été délivré en méconnaissance de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme et de l'article 2 du règlement de la zone N du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune du Barp.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2023, la commune du Barp, représentée par Me Laveissière, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le préfet de la Gironde ne sont pas fondés.
Le déféré a été communiqué à M. C D et Mme A B, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 14 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le certificat d'urbanisme en litige a été reçu à la sous-préfecture d'Arcachon le 28 mars 2023, comme cela ressort de l'accusé de réception électronique émis à cette date, et le recours gracieux a été exercé le 1er juin 2023, date à laquelle ce recours a été délivré à la mairie de la commune du Barp, c'est-à-dire après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois. Dans ces conditions, le recours gracieux était tardif et le déféré, enregistré après l'expiration du délai de recours contentieux, est irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- et les observations de Me Proust, substituant Me Laveissière, représentant la commune du Barp.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 mars 2023, la maire de la commune du Barp a délivré à M. C D et Mme A B un certificat d'urbanisme positif en vue de détacher 1 lot à bâtir pour la construction d'une maison et d'un garage sur un terrain situé 32 chemin de Camp Beil, constitué par une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 1980 et par une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 2014. Par une lettre recommandée reçue le 30 mai 2023, le sous-préfet d'Arcachon a demandé à la maire de la commune du Barp de retirer ce certificat d'urbanisme. Par une lettre du 15 juin 2023, reçue à la sous-préfecture d'Arcachon le 20 juin suivant, la maire de la commune du Barp a refusé de retirer ce certificat d'urbanisme. Le préfet de la Gironde demande l'annulation du certificat d'urbanisme du 22 mars 2023 et de la décision par laquelle la maire de la commune du Barp a rejeté le recours gracieux formé contre ce certificat.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ". Aux termes du l'alinéa de l'article L. 2131-6 du même code : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission () ". Parmi les actes mentionnés par l'article L. 2131-2 de ce code figurent, au 6° : " Le permis de construire et les autres autorisations d'utilisation du sol et le certificat d'urbanisme délivrés par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale, lorsqu'il a reçu compétence dans les conditions prévues aux articles L. 422-1 et L. 422-3 du code de l'urbanisme ; () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
4. Sauf dans le cas où des dispositions législatives ou réglementaires ont organisé des procédures particulières, toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. Le représentant de l'Etat peut ainsi former, jusqu'à l'expiration du délai dont il dispose pour déférer un acte d'une collectivité territoriale au tribunal administratif, un recours gracieux qui interrompt le délai de recours, le respect du délai étant apprécié à la date de réception du recours par l'autorité administrative.
5. L'arrêté en litige a été reçu à la sous-préfecture d'Arcachon le 28 mars 2023 et le recours gracieux a été exercé le 1er juin 2023, date à laquelle la lettre adressée par le sous-préfet d'Arcachon a été reçue par la commune du Barp, c'est-à-dire après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois. Dans ces conditions, le recours gracieux était tardif et le déféré, enregistré après l'expiration du délai de recours contentieux, est irrecevable.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le déféré du préfet de la Gironde doit être rejeté.
D E C I D E :
Article 1er : Le déféré du préfet de la Gironde est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Gironde, à la commune du Barp, à M. C D et Mme A B.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
Mme Fazi-Leblanc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le rapporteur,
M. PINTURAULT
La présidente,
C. CABANNELa greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026