mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 16 août 2023, le préfet de la Gironde demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 février 2023 par lequel la maire de la commune du Barp ne s'est pas opposée à la déclaration préalable présentée le 27 janvier 2023 par M. C D et Mme A B en vue de détacher un lot à construire, sur un terrain situé 32 chemin de Camp Beil, constitué par une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 1980, et une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 2014, ensemble la décision du 15 juin 2023 par laquelle cette autorité a rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté par le sous-préfet d'Arcachon.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté méconnaît l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article 2 du règlement de la zone N du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune du Barp.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2023, la commune du Barp, représentée par Me Laveissière, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le préfet de la Gironde ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2023, M. C D et Mme A B concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pinturault,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- et les observations de Me Proust, substituant Me Laveissière, représentant la commune du Barp.
Une note en délibéré présentée pour la commune du Barp a été enregistrée le 20 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 février 2023, la maire de la commune du Barp ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 27 janvier 2023 par M. C D et Mme A B en vue de détacher 1 lot à bâtir sur un terrain situé 32 chemin de Camp Beil, constitué par une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 1980 et par une partie de la parcelle cadastrée section BW n° 2014. Par une lettre recommandée reçue le 18 avril 2023, le sous-préfet d'Arcachon a demandé à la maire de la commune du Barp de retirer ce certificat d'urbanisme. Par une lettre du 15 juin 2023, reçue à la sous-préfecture d'Arcachon le 20 juin suivant, la maire de la commune du Barp a refusé de faire droit à cette demande. Le préfet de la Gironde demande l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis. "
3. D'autre part, selon les dispositions de l'article 1 du règlement de la zone N du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune du Barp, alors applicable : " () Occupations et utilisations du sol interdites / Sont interdites les occupations du sol autres que celles correspondant au caractère de la zone. / En secteur Nh, les lotissements sont interdits. " Selon les dispositions cumulées de cet article et de l'article 2 de ce même règlement, ne sont admises dans cette zone, à des conditions particulières, que les installations classées pour la protection de l'environnement, les bâtiments et ouvrages nécessaires au bon fonctionnement des services publics, la réfection, l'aménagement, et les agrandissements des constructions existantes à usage d'habitation et de tourisme, la transformation en habitation de bâtiment agricole ayant un intérêt architectural ou patrimonial, la construction de piscines privées et leurs locaux techniques, ainsi que la constructions d'annexes non créatrices de surface hors œuvre nette. Il est encore précisé par ce dernier article que, en secteur Nh : " sont exclusivement autorisées : les extensions ou constructions nouvelles dans les limites strictes du secteur délimité et du COS [coefficient d'occupation des sols] autorisé, dans la forme d'habitat dispersé traditionnel. " Aux termes de l'article 14 de ce règlement : " () Coefficient d'occupation du sol (C.O.S.) / Dans les secteurs Ne, Ng et Nh : / Le coefficient d'occupation du sol est fixé à 0,10 lorsque le mode principal d'habitation est l'habitation () ".
4. Il est constant que le projet de lotissement discuté est situé dans le secteur Nh de la zone N du PLU de la commune du Barp, adopté le 28 février 2005 et en vigueur à la date de l'arrêté attaqué. Il est exposé, dans le rapport de présentation de ce plan, que " les zones Nh n'ont pas pour objectif d'accueillir du développement urbain, mais plutôt d'offrir des possibilités très limitées d'accueil de nouvelles constructions sur les quelques terrains disponibles et conformes au règlement d'urbanisme de ces secteurs en zone naturelle. On peut évaluer cette offre à une vingtaine de constructions ". Il ressort aussi des pièces du dossier et, notamment, des extraits de la cartographie du PLU du Barp, que les secteurs Nh qui y ont été délimités correspondent à des espaces restrictivement limités à quelques îlots d'habitations implantées de manière dispersée au milieu des espaces naturels. Les secteurs Nh constituent ainsi des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL), au sens des dispositions de l'ancien article R. 123-8 du code de l'urbanisme, en vigueur à la date de l'adoption du PLU du Barp, et qui ont été reprises ensuite dans les dispositions de l'ancien article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme issues de l'article 19 de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement, dite " loi Grenelle II ", désormais codifiées à l'article L. 151-13 de ce code.
5. Les dispositions citées plus haut de l'article 2 du règlement de la zone N autorisent exclusivement, au sein des STECAL classées en secteur Nh du plan de zonage, les opérations de d'extension des constructions existants ou de construction nouvelle. Mais ces mêmes dispositions excluent expressément toute opération de lotissement. Par suite, le préfet de la Gironde est fondé à soutenir qu'en ne s'opposant pas à une déclaration préalable déposée en vue de diviser deux parcelles pour y créer un lot à construire, la maire de la commune du Barp a méconnu les dispositions du PLU de cette commune, qui prohibent une telle opération.
6. Il suit de là que l'arrêté de la maire de la commune du Barp du 21 février 2023, ainsi que la décision par laquelle cette autorité a refusé de retirer cet arrêté, doivent être annulés. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est pas, en l'état du dossier, de nature à fonder l'annulation des décisions attaquées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 février 2023 par lequel la maire de la commune du Barp ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 27 janvier 2023 par M. D et à Mme B, et la décision du 15 juin 2023 par laquelle cette autorité a rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté, sont annulés.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Gironde, à la commune du Barp, à M. C D et à Mme A B.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. Pinturault, premier conseiller,
Mme Fazi-Leblanc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le rapporteur,
M. PINTURAULT
La présidente,
C. CABANNELa greffière,
M.-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026