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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2304568

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2304568

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2304568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2023, Mme B C A, représentée par Me Dje, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant mention " étudiant ", sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans les plus brefs délais et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;

4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de renouvellement de son titre de séjour :

- le préfet a commis une erreur de fait et d'appréciation en refusant de lui renouveler son titre de séjour " étudiant " compte tenu du suivi d'une formation à distance alors qu'elle suit une formation hybride ;

- la décision contestée méconnait les dispositions des articles L. 422-1 et L. 422-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour sur lequel elle se fonde.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, le Préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 20 juin 2023.

Par une ordonnance du 28 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C A, née le 21 juillet 1998, ressortissante ivoirienne, est entrée en France, de manière régulière, le 23 septembre 2018. Elle a obtenu plusieurs titres de séjour temporaire portant mention " étudiant " dont le dernier était une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 31 janvier 2023. Par un courrier du 20 mars 2023, le préfet de la Gironde a refusé de renouveler son titre de séjour " étudiant ". Contrairement à ce qu'indique la requérante, cette décision n'est pas accompagnée d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Par la présente requête, Mme A doit donc être regardée comme demandant d'annuler la seule décision portant refus de séjour.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle :

2. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".

4. Il ressort des pièces du dossier qu'au titre de l'année universitaire 2022/2023, Mme A a été inscrite à la formation professionnelle " chargé de recrutement " auprès du centre de formation d'apprentis Adecco de Villeurbanne. Il ressort des pièces du dossier que la formation comporte une partie théorique pouvant se dérouler à distance et une partie pratique au sein d'une entreprise. En l'espèce, Mme A a conclu un contrat d'alternance avec FORMAPOSTE Midi Atlantique, qui a été résilié le 12 avril 2023 en raison du non-renouvellement de son titre de séjour. Or, il ressort des pièces du dossier que l'enseignement théorique de la formation est assuré par le centre de formation à distance et suivi par l'intéressée à Villeurbanne. Cette formation théorique, assurée à distance, ne nécessite pas le séjour en France de l'étudiant étranger qui désire la suivre et n'est donc pas de nature à faire droit à un titre de séjour en qualité d'étudiant ou à son renouvellement. Si la requérante soutient que cette formation est hybride, il ne ressort pas des pièces du dossier que la formation théorique, pouvant être suivi en présentiel ou en distanciel, l'alternance ainsi que les examens de fin de formation ne pourraient se dérouler ailleurs qu'en France. Par suite, en estimant que la formation à laquelle était inscrite Mme A au titre de l'année 2022/2023 ne lui ouvrait pas droit au renouvellement du titre de séjour portant mention " étudiant ", le préfet de la Gironde n'a ni entaché sa décision d'une erreur de fait, ni méconnu les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 mars 2023.

Sur le surplus des conclusions :

6. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte de même que celles relatives aux frais de l'instance doivent être également rejetées

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle présentée par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C A et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Delvolvé, président-rapporteur,

Mme Mounic, première conseillère,

Mme Passerieux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.

La première assesseure,

S. MOUNIC Le président-rapporteur,

Ph. DELVOLVÉ

La greffière,

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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