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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2305115

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2305115

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2305115
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL ULDRIF ASTIE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. C, qui demandait l'annulation du refus de l'OFPRA de lui accorder le statut d'apatride. La requête a été jugée manifestement irrecevable car tardive, en application des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative. Le tribunal a estimé que M. C avait eu connaissance de la décision attaquée au plus tard le 14 septembre 2022, et que le délai raisonnable d'un an pour exercer un recours était expiré lors du dépôt de sa requête le 18 septembre 2023.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023, M. A C, représenté par Me Astié, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 avril 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a refusé de lui accorder le statut d'apatride ;

2°) d'enjoindre à l'OFPRA de constater son statut d'apatride ou à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; " ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. M. C, qui a présenté devant ce tribunal une précédente requête n° 2204920 tendant à l'annulation de la décision litigieuse du 25 avril 2022 a nécessairement eu connaissance de cette décision au plus tard le 14 septembre 2022, date à laquelle la requête n° 2204920 a été enregistrée par le greffe du tribunal. Le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière justifiant que le délai raisonnable au-delà duquel le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel soit porté à plus d'un an. Par suite, la requête n° 2305115, enregistrée le 18 septembre 2023, soit au-delà du délai raisonnable d'un an dont disposait l'intéressé pour la contester par la voie d'un recours pour excès de pouvoir, est tardive et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Fait à Bordeaux, le 19 septembre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présentée décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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