lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2306209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 11 novembre 2023 et le 14 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Bâ, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 9 novembre 2023 portant à son encontre obligation de quitter le territoire français sans délai, décision fixant le pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 9 novembre 2023 portant à son encontre assignation à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de faire procéder à l'effacement de son inscription au fichier du système d'information Schengen et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de le munir, dans l'attente, d'un récépissé l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- ses droits de la défense n'ont pas été respectés ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu tel que garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît donc les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a méconnu l'article 3 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- l'assignation à résidence est illégale par exception d'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai ;
- les modalités de mise en œuvre de l'assignation à résidence sont disproportionnées ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
L'instruction a été close le 14 novembre 2023 à 14h30 à l'issue de l'audience du même jour fixée à 14h00.
Par un mémoire en défense, produit postérieurement à la clôture de l'instruction, qui a été communiqué, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il ne peut que confirmer l'ensemble des éléments de fait et de droit qui l'ont conduit à l'adoption des décisions en litige.
L'affaire a été mise en délibéré à l'issue de l'audience qui s'est tenue le 17 novembre 2023 à 14 : 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caste, conseillère, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caste ;
- les observations de Me Bâ, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ; elle insiste sur la méconnaissance du droit d'être entendu, M. A n'ayant pas été entendu sur les perspectives de l'éloignement ; elle invoque également l'erreur de fait dont serait entaché l'arrêté en litige dès lors que le préfet a indiqué à tort que M. A ne disposait pas de revenus et de travail, ce qui est contredit par les pièces du dossier ; la mesure d'éloignement est également entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser la situation de M. A ; à tout le moment, le préfet aurait dû motiver sa décision de ne pas faire usage de son pouvoir discrétionnaire ; sur l'interdiction de retour sur le territoire, le préfet n'a pas pris en compte le critère tiré de la durée de la présence de M. A sur le territoire français ; M. A ne constitue pas une menace à l'ordre public ; il n'y a pas de preuve qu'il ait fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement ; l'assignation à résidence l'oblige à pointer à 46 kilomètres de son domicile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 17 novembre 1988, est entré irrégulièrement en France en 2019 selon ses déclarations. Le préfet de la Gironde a pris un arrêté en date du 9 novembre 2023 portant à son encontre obligation de quitter le territoire français sans délai, décision fixant le pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans. Le préfet a pris un arrêté du même jour ordonnant son assignation à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 9 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et interdiction M. A de retour sur le territoire français pendant trois ans :
2. En premier lieu, M. C, chef de la section "éloignement", qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Gironde en date du 31 août 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Gironde (recueil n° 164 du 31 août 2023), à l'effet de signer les décisions de la nature de celles en litige, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux. Il n'est pas contesté que Mme D était effectivement absente ou empêchée à la date de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté litigieux doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision d'éloignement implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, fixant le pays de son renvoi ou prononçant une interdiction de séjour, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. Par ailleurs, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
4. Contrairement à ce que soutient M. A, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été entendu par les services de gendarmerie de Libourne le 9 novembre 2023 comme l'atteste le procès-verbal d'audition de retenue pour vérification du droit au séjour versé à l'instance par le préfet de la Gironde duquel il ressort qu'il a été mis en œuvre de présenter ses observations sur son séjour en France et sur la perspective d'un éloignement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu et " ses droits de la défense " auraient été méconnus par le préfet avant l'adoption des décisions en litige.
5. En troisième lieu, l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté du 9 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdisant de retour M. A sur le territoire français comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, par suite, suffisamment motivées.
6. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de ces décisions litigieuses ni d'aucune pièce du dossier que le préfet aurait insuffisamment examiné la situation de M. A. Le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi invoquée ne peut être qu'écarté.
7. Enfin, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à le supposer opérant à l'encontre des décisions en litige à l'exception de celle fixant le pays de renvoi, doit être en tout état de cause écarté dès lors qu'il n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
8. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité / () ".
9. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. A se prévaut de sa présence en France depuis quatre années, de la détention d'un emploi en qualité de manœuvre sous contrat à durée indéterminée depuis le 1er décembre 2020 et de ce qu'il dispose d'un logement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire national à une date incertaine et qu'il n'a pas entrepris de démarches pour régulariser sa situation au titre du séjour. S'il dispose d'un emploi, il ressort du procès-verbal d'audition que l'intéressé a admis avoir obtenu cet emploi en fournissant des faux documents d'identité belges à son employeur. Il ne se prévaut d'aucune attache familiale ou personnelle sur le territoire français. Il est également constant qu'il s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement adoptées à son encontre. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas non plus commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A.
11. En deuxième lieu, M. A soutient à l'audience que le préfet de la Gironde a commis une erreur de fait en indiquant à tort dans la décision litigieuse qu'il ne disposait d'aucun revenu issu du travail. Il ressort des termes de la décision litigieuse que le préfet a précisé que M. A était " sans ressources légales sur le territoire national ". Or, un tel motif n'est pas remis en cause par les pièces du dossier dès lors que si M. A tire des revenus d'un emploi auprès de la société MCE, il est constant qu'il est actuellement irrégulièrement employé puisque dépourvu de toute autorisation de travail. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur de fait en indiquant que M. A ne justifiait pas de ressources légales.
12. Enfin, la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'admission au séjour justifiée par des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, ne saurait être utilement invoquée à l'encontre de la décision qui porte obligation de quitter le territoire français. Il en va de même de l'erreur de droit dont serait entachée cette décision par suite de l'absence par le préfet de la Gironde de la mise en œuvre de son pouvoir de régularisation issue de ces dispositions dès lors qu'il n'est jamais tenu de se prononcer sur la possibilité d'une régularisation en l'absence de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces moyens doivent donc être écartés comme inopérants
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'annulation de cette décision par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, aucun moyen d'illégalité n'est retenu à l'appui des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A contre l'obligation de quitter le territoire français, comme cela a été indiqué. Dès lors, le moyen tiré de l'illégalité de l'interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
17. Si le préfet doit tenir compte, pour décider de prononcer, à l'encontre d'un étranger soumis à une obligation de quitter sans délai le territoire français, une interdiction de retour et fixer sa durée de chacun des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à ce qu'une telle mesure soit décidée quand bien même une partie de ces critères, qui ne sont pas cumulatifs, ne serait pas remplie. En l'espèce, la décision a été prise au motif que M. A est entré et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, n'établit pas disposer de liens intenses et anciens en France et s'est déjà soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement. Ces circonstances sont mentionnées dans l'arrêté. Par suite, et alors même qu'il n'a pas été fait mention de la durée de sa présence en France et que le préfet n'a pas pris en compte le critère tiré de la menace pour l'ordre public que pourrait constituer son comportement, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a pas non plus méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen ni commis une erreur d'appréciation au regard de la situation de l'intéressé tel que décrite au 9 du présent jugement en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à trois ans. Il n'a pas, pour les mêmes motifs, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
18. En premier lieu, l'arrêté portant assignation à résidence comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est, par suite, suffisamment motivé.
19. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de cette décision ni d'aucune pièce du dossier que le préfet aurait insuffisamment examiné la situation de M. A. Le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi invoquée ne peut être qu'écarté.
20. En troisième lieu, les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré de l'illégalité de l'assignation à résidence par voie de conséquence doit être écarté.
21. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté portant assignation à résidence pendant quarante cinq jours que M. A doit se présenter tous les lundis entre 9 heures et 12 heures au commissariat de police de Bordeaux et qu'il doit être présent à son domicile entre 16 heures et 19 heures. Si le requérant fait valoir que les modalités de l'assignation à résidence en litige présentent un caractère disproportionné par rapport au but poursuivi compte-tenu de la distance d'environ quarante-six kilomètres qui sépare son domicile du commissariat de Bordeaux, il est constant que l'obligation de pointage n'est prévue qu'une seule fois par semaine. Par ailleurs, M. A n'établit pas en quoi elle serait incompatible avec l'exercice de son emploi. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences que la décision entraîne sur sa situation personnelle doit être écarté, de même que celui tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
22. Enfin, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation des arrêtés du préfet de la Gironde en date du 9 novembre 2023 portant à son encontre obligation de quitter le territoire français sans délai, décision fixant le pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans, d'une part, et assignation à résidence, d'autre part doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquences de ses conclusions à fin d'injonction ainsi que de celles relatives au frais d'instance.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Gironde. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023,
La magistrate désignée,
F. CASTE
La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026