vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2306379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BROCHETON AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 5 juin, 2 août, 16 novembre 2023 et 4 janvier 2024, M. B A demande au tribunal de prononcer les mesures tendant à l'exécution du jugement n° 1303597 du le 5 mars 2015.
Il soutient que le centre hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande n'a pas pris les mesures nécessaires lui permettant de présenter une demande de reclassement préalablement à l'adoption de la décision du 5 août 2013 et que le régime de mise en disponibilité d'office, fixé pour une durée de 4 mois par cette même décision, aurait dû être remplacé par un congé de longue durée ou un congé de maladie ordinaire.
Par une ordonnance du 20 novembre 2023, la présidente du tribunal a ordonné l'ouverture de la phase juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement précité, en application de dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2023, le centre hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande, représenté par Me Brocheton, avocat, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de solliciter le conseil médical, d'indiquer la mesure dans laquelle le conseil médical doit réexaminer la situation du requérant et lui impartir un délai d'un mois, à compter de l'avis du conseil médical, afin de statuer sur la situation du requérant.
Il fait valoir que les mesures enjointes sont en cours d'exécution.
Vu :
- le jugement n° 1303597 rendu le 5 mars 2015 par le tribunal administratif de Bordeaux ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur,
- et les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, agent des services hospitaliers au centre hospitalier de Sainte-Foy La Grande, a demandé à son employeur, par lettre reçue le 15 février 2013, de prolonger le congé longue durée dont il bénéficiait, lequel venait à expiration le 13 février 2013. Le directeur de l'établissement hospitalier a saisi, le 21 février 2013, le comité médical de cette demande, lequel ne s'est néanmoins prononcé que le 7 novembre 2013. Par une décision du 5 août 2013, le directeur du centre hospitalier anticipant l'avis du comité et décidé d'octroyer la prolongation demandée pour une période de 6 mois, courant à compter du 13 février 2013, et expirant le 12 août 2013. Par une seconde décision du 5 août le directeur du centre hospitalier a placé M. A en disponibilité d'office à compter du 13 août 2013, l'agent ayant épuisé ses droits à congés statutaires, ce qui impliquait un maintien de l'intéressé à demi traitement avec cessation des droits à la retraite et à l'avancement d'échelon.
2. Par un jugement n° 1303597 du 5 mars 2015, revêtu de l'autorité de chose jugée et devenu définitif, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la décision du 5 août 2013 prise par le directeur du centre hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande plaçant M. A en disponibilité d'office à compter du 13 août 2013 au double motif que l'avis du comité médical n'avait pas été recueilli préalablement à cette décision et que l'obligation d'information sur la date d'examen du dossier par le comité médical, des droits à communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre un médecin de son choix n'avaient pas été respecté, privant ainsi M. A d'une garantie. Cette annulation a eu pour conséquence la disparition rétroactive du placement en disponible d'office de M. A pour raison de santé à compter du 13 août 2023.
3. M. A a réintégré ses fonctions le 13 décembre 2013. Il demande au tribunal d'ordonner l'exécution du jugement en litige, ayant été destinataire le 16 décembre 2022 de tous ses arrêts maladies depuis 1990 mentionnant que sur la période du 13 août au 12 décembre 2013 il a été placé en disponibilité pour raison de santé, en méconnaissance du jugement du 5 mars 2015.
4. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
5. En vertu de l'article 31 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige initial : " () Le comité médical doit, en même temps qu'il se prononce sur la dernière période du congé, donner son avis sur l'aptitude ou l'inaptitude présumée du fonctionnaire à reprendre ses fonctions à l'issue de cette prolongation. () " Si, à l'expiration des droits à congés de longue maladie, l'agent n'est pas apte à la reprise, le comité médical se prononce sur le fondement de l'article 35 du même décret qui dispose que : " le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie (), reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. () "
6. Il résulte de ces dispositions que l'avis du comité médical devenu conseil médical était requis et l'annulation de la période de disponibilité en litige impliquait nécessairement une nouvelle saisine de ce dernier. Si le centre hospitalier fait valoir qu'il a saisi, en vain, le comité médical, lequel a refusé de porter une nouvelle appréciation sur la situation de M. A, une telle circonstance ne rend pas sans objet la demande d'exécution du jugement de 2015. Dans ces circonstances, il y a lieu d'enjoindre au centre hospitalier de recueillir, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, l'avis du conseil médical, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
7. Si M. A demande également à être placé en congé de longue maladie ou invité à présenter une demande de reclassement, de telles demandes relèvent d'un litige distinct de la stricte exécution du jugement de 2015, et doivent, au demeurant, faire l'objet d'une appréciation préalable du conseil médical. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au centre hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande de recueillir, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, l'avis du conseil médical, sur la situation de M. A, en exécution du jugement n° 1303597 du 5 mars 2015 du tribunal administratif de Bordeaux.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement est notifié à M. B A et au centre hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024 où siégeaient :
- M. Delvolvé, président-rapporteur,
- Mme Mounic, première conseillère,
- M. Frézet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La première assesseure,
S. MOUNIC Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026