mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2306811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | DENIAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2023, M. E A, représenté par Me Deniau, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2023 par lequel le préfet de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'acte ;
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé et révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention EDH ;
- le préfet a entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
* en ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du CESEDA, faute de justification du risque de soustraction à la mesure d'éloignement ;
* en ce qui concerne le pays de renvoi, cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
* en ce qui concerne l'interdiction de retour :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'acte ;
- la décision est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention EDH et procède d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des articles L. 614-5 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui s'est tenue le 12 décembre 2023 à 14 heures.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Deniau, représentant M. A, qui confirme au tribunal demander l'admission provisoire de son client à l'aide juridictionnelle et qui maintient ses conclusions et moyens en les précisant ;
- les observations de M. A qui indique au tribunal qu'il a suivi une formation en 2020/2021 et qu'il suit les cours de l'ESI Business School depuis 2022 ;
- le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant sénégalais né le 26 février 1995, est entré sur le territoire le 7 mars 2019 muni d'un visa de long séjour " étudiant " et s'est inscrit en master Business Development et ingénierie d'affaire à l'INSEEC Bordeaux. Admis en deuxième année au titre de l'année 2019/2020, il a obtenu une carte de séjour temporaire " étudiant " valable du 1er mai 2020 au 30 avril 2021. Au motif qu'il n'avait pas présenté de nouvelle inscription dans un établissement pour l'année 2020/2021, sa demande de renouvellement de titre de séjour " étudiant " présentée le 19 avril 2021 a été rejetée par arrêté du 16 juillet 2021 portant également obligation de quitter le territoire, lequel lui a été régulièrement notifié à l'adresse déclarée à l'administration par courrier recommandé qu'il n'a pas réclamé. Cet arrêté n'a pas été exécuté et l'intéressé s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire. Suite à son interpellation par les services de police le 11 décembre 2023 pour des faits d'escroquerie, M. A a fait l'objet le 11 décembre 2023, d'un nouvel arrêté du préfet de la Gironde portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de trois ans. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté préfectoral du 11 décembre 2023.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
3. Par un arrêté du 31 août 2023, régulièrement publié le même jour, le préfet de la Gironde a consenti au bénéfice de M. D B, chef de la section éloignement au sein du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux de la préfecture de la Gironde, signataire des arrêtés en litige, une délégation à l'effet de signer toutes décisions, documents et correspondances pris en application du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C F, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux de la préfecture, dont il n'est ni établi ni même allégué qu'elle n'aurait pas été absente ou empêchée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte, pour chacune des décisions qu'il contient, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles ces décisions sont fondées alors même que ne sont pas indiqués de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En dernier lieu, ni la motivation de l'arrêté contesté, pour synthétique qu'elle soit, ni aucune autre pièce du dossier ne permet de considérer que le préfet de la Gironde n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L 611-1 du CESEDA : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsque () : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour () ". En l'espèce, le préfet a pu légalement se fonder sur ces dispositions dès lors que M. A s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour " étudiant " par décision du 16 juillet 2021 et qu'il ne justifie pas, par les éléments qu'il produit, avoir sollicité entre temps son admission au séjour. La circonstance alléguée qu'il n'aurait pas eu connaissance de cette décision, également assortie d'une obligation de quitter le territoire, est sur ce point sans influence et, au demeurant, à lui seul imputable faute d'avoir réclamé le pli dont il a été avisé à l'adresse qu'il avait déclaré à l'administration.
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. M. A est entré en France récemment en 2019, à l'âge de 24 ans. Il ne se prévaut d'aucun lien d'une intensité particulière avec la France, si ce n'est la présence régulière en tant qu'étudiant de son frère en région parisienne. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de toutes attaches avec son pays d'origine, qu'il a quitté récemment en vue de poursuivre des études et où vivent notamment son père et sa mère. M. A est par ailleurs célibataire et sans charges de famille. S'il produit un contrat d'inscription à l'ESI Business School pour les années 2022/2024, il ne justifie ni d'une attestation de scolarité de cet établissement, ni du suivi effectif de cette formation. Enfin, la circonstance qu'il travaille pour un établissement de restauration rapide ne lui confère en soi aucun droit particulier au séjour. Dans ces conditions, eu égard à l'absence d'ancienneté de son séjour en France et de ses conditions de séjour, le préfet de la Gironde ne peut être regardé comme ayant, en prenant la décision en litige, porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts qu'elle poursuit et n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne les décisions dont est assortie l'obligation de quitter le territoire :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. A ne peut exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français pour contester les décisions lui refusant un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du CESEDA : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; /
5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;
8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes () ".
11. Il ressort de la motivation en droit et en fait de l'arrêté contesté que, pour refuser un délai de départ volontaire, le préfet s'est fondé sur l'existence d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement qu'il a apprécié au regard des 3 cas visés par les dispositions précitées de l'article L. 612-3 du CESEDA. S'il est vrai que M. A peut se prévaloir de garanties de représentation, notamment en ce qu'il justifie d'une résidence effective et permanente dans un appartement à Cenon et qu'il a déclaré devant les services de police qu'il ne s'opposerait pas à son éloignement en cas de confirmation de cette mesure par le tribunal, il n'en demeure pas moins qu'il s'est soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire prononcé à son encontre le 16 juillet 2021, laquelle, à supposer même qu'il n'en ait pas eu connaissance, lui a été régulièrement notifiée compte tenu de ce qui a été dit au point 6. Par suite, en l'absence de circonstance particulière, le préfet pouvait légalement refuser d'accorder au requérant un délai de départ volontaire pour ce seul motif, qui permet de regarder comme établi qu'il existe un risque, par définition hypothétique, de soustraction à la mesure d'éloignement.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du CESEDA : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
13. Pour fixer à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français opposée à M. A, le préfet de la Gironde s'est fondé sur son maintien irrégulier en France, sur l'absence de ressources légales, sur la circonstance que l'intéressé ne justifie pas de l'intensité et l'ancienneté de ses liens en France, qu'il a été interpellé pour des faits d'escroquerie et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, si M. A ne fait état d'aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées qui pouvait justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour, il ne ressort pas des pièces du dossier, en l'état, que le comportement de l'intéressé, pendant ses 4 années de présence sur le territoire au sein duquel il est entré régulièrement, ait caractérisé une menace à l'ordre public. Il ressort également des pièces du dossier que le frère du requérant réside régulièrement en France. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde a commis une erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour la durée maximale de trois ans. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen, cette mesure, compte tenu de sa durée excessive au regard de la situation de l'intéressé, doit être annulée.
14. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 11 décembre 2023 du préfet de la préfète de la Gironde doit être annulé en tant seulement qu'il interdit à M. A un retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur les frais d'instance :
15. L'Etat n'étant pas la partie perdante pour l'essentiel, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. E A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Gironde en date du 11 décembre 2023 est annulé seulement en tant qu'il porte une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
E. WILLEM La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026