mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2307056 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Lagarde, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 1er aout 2023 du préfet de la Gironde lui ordonnant de se dessaisir de toutes les armes et munitions en sa possession ; dans le délai de trois mois, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de le rétablir dans ses droits en lui accordant un permis de chasser dans les quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision, afin qu'il puisse participer à la saison 2023-2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'arrêté litigieux a pour effet de confirmer le retrait de son permis de chasse et de le priver de son principal loisir, qu'il porte atteinte au droit de propriété et a pour conséquence de l'inscrire au fichier national automatisé nominatif des personnes interdites d'acquisition et détention d'armes, ce qui l'empêche de procéder à toute demande de permis de chasser ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté dès lors que la décision est entachée d'incompétence, de défaut de motivation, d'un vice de procédure, en l'absence de procédure contradictoire, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ; il porte une atteinte disproportionnée à son droit de propriété et à sa vie privée et familiale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2307055 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par les requérants, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. Pour justifier de l'urgence à ce que soit suspendue l'exécution de l'arrêté contesté, M. A fait valoir que son exécution aurait pour effet de le priver de son principal loisir et qu'il porte atteinte au droit de propriété. Il n'établit ainsi nullement par ces simples allégations que l'exécution de l'arrêté en litige porte à sa situation ou à ses intérêts une atteinte grave et immédiate dans des conditions propres à caractériser une situation d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cet arrêté soit suspendue.
4. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens soulevés au fond sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter la demande de suspension de M. A ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A. Une copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 26 décembre 2023.
La juge des référés,
F. C
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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