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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2307206

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2307206
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par M. B d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de titre de séjour opposé par la préfète de la Gironde. Postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet a délivré à l’intéressé une carte de séjour « vie privée et familiale », rendant sans objet les conclusions principales. Le tribunal a donc constaté, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur ces conclusions. En revanche, il a condamné l’État à verser 1 000 euros à l’avocat de M. B au titre des frais de procès, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Pardoe, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de refus de titre de séjour née du silence gardé sur sa demande par la préfète de la Gironde ;

2°) à titre principal, d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer, dans un délai de quinze jours suivant le jugement à intervenir, une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette autorité de réexaminer sa demande dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, le préfet de Gironde conclut au non- lieu à statuer.

Par un mémoire enregistré le 15 octobre 2024, M. B indique au tribunal, d'une part, qu'il ne s'oppose pas à ce que soit prononcé un non-lieu à statuer et, d'autre part, qu'il maintient ses conclusions au titre des frais de procès.

Par décision du 26 mars 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que le 13 mars 2024, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de Gironde a délivré à M. B un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable pour une durée d'un an. Cette décision retire implicitement mais nécessairement la décision implicite de rejet attaquée et rend sans objet les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Pardoe en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761- 1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Pardoe en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée M. A B, à Me Pardoe et au préfet de Gironde.

Fait à Bordeaux, le 23 octobre 2024.

Le président de la 4ème chambre,

D. Katz

La République mande et ordonne au préfet de Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,