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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2400074

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2400074

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2400074
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDUTEN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné le recours pour excès de pouvoir de Mme A..., ressortissante togolaise, contre la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour par le préfet de la Gironde. Le tribunal a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, Mme A... s'est vu délivrer une carte de résident, ce qui a implicitement retiré la décision attaquée. En conséquence, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales de la requête, devenues sans objet. L'État a été condamné à verser 1 000 euros à l'avocate de la requérante au titre des frais d'instance, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 janvier 2024, Mme B... C... A..., représentée par Me Duten, demande au tribunal :

de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

d’annuler la décision née le 21 novembre 2022 du silence gardé par le préfet de la Gironde sur sa demande de titre de séjour ;

d’enjoindre au préfet de la Gironde, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat à l’aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente pour ce faire ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation faute pour la commission de recours d’avoir répondu à sa demande de communication des motifs dans le délai d’un mois prévu par l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration ;





- elle est entachée d’un défaut d’examen ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa vie personnelle ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale telle que garantie par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.


Par un mémoire en défense enregistré le 28 avril 2025, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu’il n’y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme A... tendant à l’annulation de la décision implicite par laquelle il a rejeté sa demande de titre de séjour dès lors que l’intéressée s’est vu remettre une carte de résident le 25 septembre 2024.


Par un mémoire enregistré le 7 mai 2025, la requérante maintient l’ensemble de ses conclusions.


Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 2 avril 2024.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la loi n 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 13 novembre 2025 :
- le rapport de Mme Glize, conseillère,
- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duten, avocate de Mme A....


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... C... A..., ressortissante togolaise, née le 11 novembre 2004, est entrée régulièrement sur le territoire français, munie d’un visa de long séjour, valable du 7 octobre 2021 au 5 janvier 2022. Elle a déposé une demande de titre de séjour qui a été enregistrée par les services de la préfecture de la Gironde le 21 juillet 2022. Par une décision implicite née le 21 novembre 2022 résultant du silence gardé sur cette demande, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer ce titre de séjour. La requérante demande au tribunal l’annulation de cette décision.


Sur la demande d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ». Aux termes du second alinéa de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l’application de cette loi : « L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ».

3. Par une décision du 2 avril 2024, postérieure à l’introduction de la requête, le bureau d’aide juridictionnelle a accordé à Mme A... le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce que lui soit accordée l’aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet et il n’y a pas lieu d’y statuer.

Sur le non-lieu à statuer :

4. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l’introduction de la requête, Mme A... s’est vu délivrer une carte de résident valable jusqu’au 5 août 2034. La remise de ce document n’est pas contestée par Mme A.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Par suite, les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte de la requête sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.

Sur les frais d’instance :

5. Mme A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Duten, sous réserve que celle-ci renonce au versement de la part contributive de l’Etat.



D E C I D E :





Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire.












Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte de la requête de Mme A....

Article 3 : L’Etat versera à Me Duten la somme de 1000 (mille) euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce au versement de la part contributive de l’Etat

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... A..., au préfet de la Gironde et à Me Duten.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,
Mme Glize, conseillère,
Mme Spieler, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2025.


La rapporteure,

J. GLIZE

Le président,

D. FERRARI

La greffière,




L. SAFRAN


La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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