mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2400324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2024, M. A C, représenté par Me Blaise, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Gironde sur sa demande de titre de séjour reçue par les services de la préfecture le 17 juillet 2023 ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, un titre de séjour avec changement de statut vers celui d'" entrepreneur - profession libérale " sur le fondement de l'article L. 421-5 du même code, dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige n'est pas signée, de sorte que la compétence de son auteur n'est pas établie ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation, le préfet n'ayant pas répondu à sa demande de communication de motifs reçue le 6 décembre 2023 ;
- cette décision a méconnu les articles L. 423-7 et L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. C.
Il soutient que le requérant s'est vu délivrer le 4 mars 2024 un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 3 janvier 2024 au 2 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale de New York relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaouën,
- et les observations de Me Blaise, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant camerounais né le 3 avril 1972, s'est vu délivrer un premier titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 18 mai 2022 au 17mai 2023. Il a présenté une demande de renouvellement de ce titre de séjour ou de changement de statut vers celui d'entrepreneur - profession libérale, sur le fondement de l'article L. 421-5 du même code, reçue le 17 juillet 2023, et s'est vu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour le 28 août 2023. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le préfet sur cette demande pendant plus de quatre mois. M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu délivrer, le 4 mars 2024, soit postérieurement à l'introduction de sa requête, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 3 janvier 2024 au 2 janvier 2025. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. C sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant sa demande de titre de séjour présentée le 17 juillet 2023 et sur ses conclusions à fin d'injonction.
Article 2 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bourgeois, président,
Mme Jaouën, première conseillère,
M. Josserand, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
S. JAOUËN Le président,
M. BOURGEOIS
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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