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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2400515

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2400515

mardi 23 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2400515
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 janvier 2024, complétée par des pièces enregistrées le 22 janvier 2024, Mme B C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour portant la mention " directive 2004/38/CE-séjour permanent ", dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle était titulaire d'une carte de séjour portant la mention " directive 2004/38/CE-séjour permanent " qui lui a été délivrée le 4 octobre 2013 et qui était valable jusqu'au 3 octobre 2023 ; dans le délai de deux mois et demi avant l'expiration de cette carte de séjour, elle en a sollicité le renouvellement ; la situation d'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour ; en outre, à défaut d'être actuellement titulaire d'une carte de séjour, elle est placée dans une situation de grande précarité ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ; elle est mère d'un enfant de nationalité portugaise ; elle a droit au renouvellement de sa carte de séjour ; elle a droit à la délivrance d'une attestation de dépôt de demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ". L'article L. 522-3 dispose cependant que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure particulière instituée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Mme B C expose au juge des référés qu'elle disposait d'une carte de séjour portant la mention " directive 2004/38/CE-séjour permanent " dont la validité expirait le 3 octobre 2023. Elle ajoute qu'elle a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour le 21 juillet 2023 et que l'absence de réponse de la part de la préfecture la place dans une situation de précarité. La requérante, en tant que mère d'un enfant de nationalité portugaise, demeure autorisée à résider en France en dépit de l'absence de possession d'une carte de séjour en qualité de membre d'une famille d'un citoyen de l'Union européenne. Par ailleurs, elle n'établit ni même n'allègue avoir effectué un recours en annulation assorti d'une demande de suspension d'exécution contre la décision implicite de rejet née le 21 novembre 2023. Dans ces conditions, elle ne démontre pas, à la date de présentation de sa requête, l'existence d'une urgence telle qu'il soit nécessaire de prescrire, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure à très bref délai. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.

Fait à Bordeaux le 23 janvier 2024.

Le juge des référés,

D. A

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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