Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 29 janvier 2024, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Caen a transmis au tribunal administratif de Bordeaux la requête présentée par Mme B... A....
Par cette requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Caen les 6 et 30 octobre 2023, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d’annuler la décision par laquelle l’Agence de services et de paiement (ASP) a refusé de lui délivrer un chèque énergie au titre de l’année 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l’ASP la somme de 150 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu’elle a droit au chèque énergie qu’elle perçoit depuis sa création et qu’elle a perçu les années suivantes alors que sa situation n’a pas changé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, l’ASP conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’énergie ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Lorrain Mabillon a été entendu au cours de l’audience publique.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Mme B... A... a demandé le bénéfice du « chèque énergie » au titre de l’année 2022. Par sa requête, elle demande l’annulation de la décision par laquelle l’ASP lui a refusé le bénéfice du chèque énergie au titre de l’année 2022.
D’une part, aux termes de l’article L. 124-1 du code de l’énergie, dans sa rédaction applicable au litige : « Le chèque énergie est un titre spécial de paiement permettant aux ménages dont le revenu fiscal de référence est, compte tenu de la composition du ménage, inférieur à un plafond d'acquitter tout ou partie du montant des dépenses d'énergie relatives à leur logement ou des dépenses qu'ils assument pour l'amélioration de la qualité environnementale ou la capacité de maîtrise de la consommation d'énergie de ce logement comprises parmi celles mentionnées à l'article 200 quater du code général des impôts. Le chèque énergie est émis et attribué à ses bénéficiaires par l'Agence de services et de paiement (…) ». Aux termes de l’article R. 124-1 du même code : « Le bénéfice du chèque énergie est ouvert aux ménages dont le revenu fiscal de référence annuel par unité de consommation est inférieur à un seuil fixé par arrêté des ministres chargés de l'économie, du budget et de l'énergie, au titre de leur résidence principale, y compris à ceux d'entre eux dont le contrat de fourniture d'électricité ou de gaz naturel couvre simultanément des usages professionnels et non professionnels. Au sens du présent chapitre, le ménage désigne une ou plusieurs personnes physiques remplissant l'une des conditions suivantes : 1° Avoir, au 1er janvier de l'année d'imposition, la disposition ou la jouissance d'un local imposable à la taxe d'habitation prévue à l'article 1407 du code général des impôts (…) Le revenu fiscal de référence du ménage est la somme des revenus fiscaux de référence des occupants du local ou du logement. (…) ». L’article R. 124-2 de ce code prévoit que la valeur faciale du chèque énergie, qui est émis au titre d’une année civile, est déterminée en fonction des revenus et de la composition du ménage.
D’autre part, aux termes de l’article R. 124-7 du code de l’énergie : « L'administration fiscale adresse chaque année à l'Agence de services et de paiement, par voie électronique, le fichier, signé électroniquement, des ménages mentionnés au 1° de l'article R. 124-1. (…) L'Agence de services et de paiement attribue les chèques énergie aux ménages bénéficiaires, à l'exception de ceux qui bénéficient du dispositif d'aide spécifique prévu à l'article R. 124-5. (…) ». Aux termes de l’article R. 124-7-2 de ce code : « I.- (…) Lorsqu'un ménage n'a pas reçu de chèque en raison de son absence du fichier des bénéficiaires, elle-même liée à la remise de sa déclaration de revenus à l'administration fiscale hors des délais légaux ou à l'absence de déclaration, l'Agence de services et de paiement instruit son dossier sur la base des éléments qui lui sont fournis et, si les critères sont réunis, accorde le bénéfice du chèque énergie (…) ».
Il résulte de ces dispositions que, pour attribuer le chèque énergie prévu par l’article L. 124-1 du code de l’énergie précité, l’ASP se fonde sur un fichier établi et transmis par l’administration fiscale. En cas de réclamation, l’ASP apprécie si le demandeur remplit les conditions d’éligibilité afin de se voir délivrer le chèque énergie sollicité, notamment si le revenu fiscal de référence annuel par unité de consommation est inférieur au seuil fixé par arrêté du ministre chargé de l'économie. Cette appréciation porte sur l’avis d’imposition de l’année qui précède la demande, relatif aux revenus perçus au cours de l’avant-dernière année, soit N-2. En outre, la composition du ménage est appréciée au regard de l’avis de taxe habitation de l’année qui précède la demande.
Il résulte de l’instruction qu’au soutien de sa réclamation portant sur le chèque énergie pour la campagne 2022, Mme A... n’a produit que son avis d’imposition 2022 sur les revenus 2021 ainsi que son avis de taxe d’habitation 2022. Or, par deux courriers des 24 octobre 2022 et 19 janvier 2023, l’ASP lui a demandé de produire son avis d’imposition 2021 sur les revenus 2020 ainsi que son avis de taxe d’habitation 2021, documents nécessaires, en application des dispositions précitées, pour l’instruction de sa demande. Il ne résulte cependant pas de l’instruction que Mme A... ait communiqué ces documents à l’ASP, et elle ne les produit pas non plus à l’instance. Par suite, elle ne justifie pas remplir les conditions pour se voir délivrer un chèque énergie au titre de la campagne 2022, la circonstance qu’elle ait perçu le chèque énergie au titre des campagnes 2021 et 2023 sans que sa situation n’ait évolué étant sans incidence.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à l’Agence de services et de paiement.
Délibéré après l’audience du 2 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme Ballanger, première conseillère,
Mme Lorrain Mabillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2025.
La rapporteure,
A. LORRAIN MABILLONLa présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,