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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2400849

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2400849

lundi 5 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2400849
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2024, Mme A C, représentée par Me Astié, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de la convoquer pour remise d'un récépissé ou à défaut de lui adresser directement ce récépissé par voie postale ou dématérialisée ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle dispose d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée ; l'absence de récépissé la place en situation irrégulière ;

- la mesure sollicitée est utile en l'absence de toute autre voie de droit et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Mme C, ressortissante nigériane, née le 18 janvier 1993, est entrée en France en 2016. Elle a formé le 25 octobre 2023 une demande de titre de séjour " salarié " auprès de la préfecture de la Gironde. En l'absence de récépissé de sa demande, elle sollicite du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de la Gironde de lui remettre ce récépissé.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

3. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu des circonstances de chaque espèce.

4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de sa demande de titre de séjour adressée à la préfecture de la Gironde, que Mme C déclare être arrivée en France en 2016 sans justifier, ni de son entrée régulière sur le territoire à cette date, ni de son maintien en France depuis lors en situation régulière. Elle ne justifie pas davantage avoir sollicité depuis 2016 la délivrance d'un quelconque titre de séjour. Elle ne peut donc sérieusement prétendre que l'absence de récépissé depuis sa demande de titre du 25 octobre 2023 la placerait en situation irrégulière. Par ailleurs, si elle se prévaut d'une offre d'embauche en date du 7 juillet 2023 en contrat à durée indéterminée auprès de la société B Travaux à Sainte Hélène (33), il apparaît que cette proposition, au demeurant non accompagnée de la justification d'une demande d'autorisation de travail, était valable pour une prise de poste au 1er septembre 2023 et sous réserve de la preuve de l'obtention des autorisations nécessaires, notamment au regard du droit au séjour. A la date de l'introduction de son recours, et a fortiori à la date de la présente ordonnance, cette promesse d'embauche est devenue caduque. Il ressort encore des pièces du dossier que Mme C a attendu plus de trois mois avant de déposer le 25 octobre 2023, qui plus est après la date d'embauche annoncée, sa demande de titre de séjour. Enfin, Mme C, qui est hébergée chez M. B, dirigeant de la société éponyme, ne démontre pas avoir sollicité la délivrance d'un récépissé ou d'une attestation d'instruction de sa demande de titre de séjour depuis le 26 octobre 2023, date de réception de celle-ci par la préfecture.

5. Pour toutes les raisons exposées, Mme C ne justifie pas de la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, il y lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête présentées à fin d'injonction.

Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :

6. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". Et aux termes de l'article 20 de cette loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte du point précédent que la requête de Mme C ne satisfait pas de manière manifeste à l'une des conditions cumulatives posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu d'accorder à l'intéressé l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

7. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont Mme C demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Copie sera transmise à Me Astié et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 5 février 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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