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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2401091

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2401091

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2401091
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 février 2024, M. B C doit être regardé comme demandant au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Gironde, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une carte de séjour ou, à défaut, un récépissé l'autorisant à travailler.

Il soutient qu'il est ressortissant brésilien et marié avec une citoyenne de l'Union européenne ; il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour le 4 août 2023 n'a pas obtenu de récépissé, ce qu'il a privé du droit de travailler ; il est privé de circulation légale sur le territoire français et ne peux bénéficier d'un contrat de travail ; il est privé de revenu ; sa situation présente un caractère d'urgence, car il a besoin de travailler pour faire face aux charges de sa famille.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.*432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

3. Il résulte de l'instruction que M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 4 août 2023. En vertu des dispositions précitées de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet à l'issue d'un délai de quatre mois, soit le 4 décembre 2023. La mesure sollicitée par le requérant, qui tend à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour ou, à défaut, un récépissé l'autorisant à travailler, est susceptible de faire obstacle à l'exécution de la décision implicite précitée, en dépit du courriel en date du 9 janvier 2024, signé " IKRAM de l'équipe ANTS ", lui indiquant que sa demande était toujours en cours d'instruction.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Fait à Bordeaux le 16 février 2024.

Le juge des référés,

D. A

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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