mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2401148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par un courrier du 20 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Lanne, a demandé l'exécution de l'ordonnance n° 2305900 rendue le 27 octobre 2023 l'opposant au préfet de la Gironde.
Par cette ordonnance n°2305900 du 27 octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a enjoint au préfet de la Gironde de restituer à M. A l'ensemble des documents d'identité et d'état civil originaux retenus par ses services depuis le 27 juillet 2021, à savoir un acte de naissance malien n°93REG032019, deux extraits d'acte de naissance malien n°93RG 03/2019, un jugement supplétif d'acte de naissance malien n°895, un passeport malien n°AA0492322 et une carte d'identité consulaire malienne n°001228/CGML/19, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance.
Par une ordonnance du 19 février 2024, le président du tribunal administratif de Bordeaux a ordonné l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de l'ordonnance n° 2305900 rendue le 27 octobre 2023 en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 26 février 2024, le préfet de la Gironde doit être regardé comme concluant au rejet de la demande.
M. A n'a pas produit en réplique dans le cadre de cette phase juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour exercer les fonctions de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, en présence de Mme Gioffré, greffière, le mercredi 3 avril 2024, à 14h30 :
- le rapport de M. Vaquero, juge des référés,
- les observations de Me Lanne, pour le requérant, absent à l'audience, qui maintient ses écritures aux fins d'obtenir l'exécution de l'ordonnance n°2305900. Il ajoute qu'il s'est rendu au tribunal judiciaire afin de réclamer lui-même la restitution des documents retenus par le parquet ou, à tout le moins, comprendre ce qui pose problème. Il lui a été répondu que l'affaire étant classée sans suite, il appartenait à la préfecture de solliciter elle-même la restitution des documents en cause. Dans l'attente, M. A se trouve dans l'impossibilité, depuis novembre 2023, de faire sa demande de titre de séjour en l'absence de ses documents d'identité et d'état civil.
Le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté ;
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, à 15h00.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".
2. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 17 novembre 2023, le préfet de la Gironde a fait valoir auprès de M. A que les documents faisant l'objet de l'injonction de restitution prononcée par le juge des référés au terme de l'ordonnance du 27 octobre 2023 étaient " désormais placés sous-main de justice " et que, " ne s'étant pas constitué partie civile, il ne peut être considéré comme partie intéressée à la procédure " et " n'a donc pas la compétence pour solliciter la restitution des documents placés sous-main de justice ". Le préfet s'est borné a réitéré cette affirmation dans son courrier du 24 novembre 2023, ainsi que dans son mémoire du 26 février 2024, produit dans le cadre de la procédure juridictionnelle d'exécution.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, comme cela a été relevé dans l'ordonnance du 27 octobre 2023, que par un acte du 28 novembre 2022, le procureur de la République a rendu un avis de classement sans suites du signalement de l'article 40 du code de procédure pénale formé par le préfet de la Gironde en précisant que l'examen de la procédure ne justifiait pas de poursuites pénales.
4. En deuxième lieu, il résulte des déclarations de Me Lanne à l'audience, sans qu'il y ait lieu de mettre en doute ces propos, que celui-ci s'est rendu au tribunal judiciaire à réception du courrier préfectoral du 17 novembre 2023 afin de solliciter la restitution des documents d'identité et d'état civil retenus. Il lui a été répondu que, dès lors que ces documents avaient été transmis au parquet par les services de la préfecture à l'appui du signalement effectué le 10 novembre 2021, il appartient au préfet de la Gironde de solliciter lui-même leur restitution.
5. En troisième lieu, le préfet de la Gironde ne démontre ni même n'allègue à aucun moment avoir formé une demande écrite au tribunal judiciaire en vue d'obtenir la restitution des documents litigieux, ni en toute hypothèse avoir été dans l'impossibilité d'exécuter l'injonction prononcée par l'ordonnance du 27 octobre 2023 dans le cadre du référé liberté introduit par M. A.
6. Pour toutes ces raisons, le préfet de la Gironde ne justifie pas avoir pris les mesures propres à assurer l'exécution effective et complète de l'ordonnance du 27 octobre 2023.
7. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer contre le préfet de la Gironde, à défaut pour lui de justifier de cette exécution dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une astreinte d'un montant de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle le jugement aura reçu exécution. Il appartiendra au préfet de la Gironde de communiquer au tribunal administratif copie des actes ou courriers justifiant des mesures prises pour exécuter l'ordonnance du 27 octobre 2023.
O R D O N N E :
Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet de la Gironde s'il ne justifie pas avoir, dans les quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, exécuté l'injonction prononcée par l'ordonnance n°2305900 du 27 octobre 2023. Le taux de cette astreinte est fixé à cinquante (50) euros par jour, à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Le préfet de la Gironde communiquera au tribunal administratif copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter l'ordonnance du 27 octobre 2023.
Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Gironde.
Copie en sera transmise pour information à Me Lanne.
Fait à Bordeaux, le 3 avril 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero La greffière,
C. Gioffré La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026