mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2401492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2024, complétée par un mémoire enregistré le 22 mars 2024, M. A F, représenté par Me Meaude demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler ;
4°) d'enjoindre l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'existence d'un risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement n'est pas établie ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024 le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les observations de Me Meaude qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant algérien, est entré en France en décembre 2019, selon ses déclarations, en possession d'un visa expiré depuis le 27 décembre 2020. Le 27 février 2024, il a fait l'objet d'un contrôle routier par les services de police, qui ont constaté l'absence de titre de séjour. Par un arrêté du 27 février 2024, le préfet de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. F a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 14 mars 2024 sur laquelle le bureau d'aide juridictionnelle ne s'est pas prononcé. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
4. Par un arrêté du 31 août 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n°33-2023-08-31-002 de la préfecture, le préfet de la Gironde a donné une délégation à M. D B, chef de la section éloignement, signataire de l'acte attaqué, à l'effet de signer toutes les décisions prises " en application des livres II, IV, V, V, VI, VII, VIII (partie législative et règlementaire) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", parmi lesquelles figurent les décisions attaquées, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C G. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. La décision attaquée mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement Ainsi, et alors que cette décision n'avait pas à préciser l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant, elle est suffisamment motivée. Il résulte par ailleurs de sa lecture que le préfet de la Gironde a procédé à un examen effectif de sa situation personnelle.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. M. F se prévaut de sa présence en France depuis 2019 avec son épouse et leurs deux enfants, et de son intégration dans la société française notamment par le travail. Il ressort cependant des pièces du dossier qu'en dépit de sa présence sur le territoire depuis cinq ans, le requérant n'a jamais sollicité de titre de séjour. Son épouse, également de nationalité algérienne, se maintient de même en situation irrégulière sur le territoire français. La seule présence de leurs deux enfants en France ne leur confère aucun droit particulier à y demeurer, dès lors qu'eu égard à leur jeune âge ils pourront poursuivre leur scolarité dans le pays d'origine de leurs parents, où la cellule familiale pourra se reconstruire. En outre, le requérant ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de son existence. Dans ces conditions, et en dépit de missions d'intérim effectuées ou la conclusion d'un contrat de travail saisonnier, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, en obligeant le requérant à quitter le territoire français, le préfet de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ou d'erreur de droit.
8. En quatrième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
9. La décision attaquée n'a pas pour objet ou pour effet de séparer les enfants du requérant de l'un de leurs parents. Ainsi, et compte tenu du jeune âge des enfants et de la possibilité de reconstituer la cellule familiale hors de France, la décision attaquée ne porte pas atteinte à l'intérêt supérieur des filles de M. F.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
10. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est fondée sur une décision illégale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
11. La décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que M. F s'est maintenu irrégulièrement en France, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes et qu'il existe ainsi un risque qu'il se soustraie à la présente décision. Dans ces conditions, la décision attaquée est suffisamment motivée. Le moyen doit par suite être écarté.
12. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni des pièces versées au dossier, que le préfet de la Gironde n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () . ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. Si le requérant soutient que disposant d'un logement et de revenus stables il a des garanties de représentation suffisantes, ces seules allégations ne suffisent pas à contester l'appréciation portée le préfet de la Gironde sur les risques de soustraction du requérant à l'exécution de la mesure d'éloignement, alors lors que le requérant réside en situation irrégulière en France depuis cinq ans, qu'il n'avait, au jour de la décision attaquée, déposé aucune demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour et qu'il a déclaré lors de son audition par les forces de police qu'il entendait s'opposer à toute mesure d'éloignement prise à son encontre. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ou d'une erreur de droit.
15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est fondée sur une décision illégale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
17. La décision attaquée vise les textes dont il est fait application, et indique que l'intéressé n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée et le moyen doit ainsi être écarté. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation avant édiction de la décision fixant le pays de renvoi.
18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9 les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doivent être écartés, de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle doivent être écartés.
19. Si le requérant fait valoir que la décision attaquée serait affectée d'une erreur de droit, en l'absence de précision au soutien du moyen, il ne met pas à même le tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
20. Les moyens soulevés à l'encontre des décisions obligeant le requérant à quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ayant été écartés, M. F n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français est fondée sur des décisions illégales et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
16. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
17. En l'espèce, pour interdire au requérant de retourner sur le territoire français pendant un période de 2 ans, le préfet de la Gironde s'est fondé sur la circonstance que l'irrégularité du séjour du requérant a été constaté par les services de police à l'occasion d'un contrôle routier, que ce dernier est entré en France à une date indéterminée et s'y maintient depuis, sans ressources stables et en situation irrégulière. Il a également considéré que le requérant ne justifiait pas de l'intensité et de la stabilité de ses liens en France. Le préfet a, enfin, pris en considération le fait que le requérant n'avait jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Ainsi, la décision attaquée est suffisamment motivée au sens des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il résulte également de sa lecture que le préfet, préalablement à son édiction, a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.
18. Par ailleurs, si le requérant soutient que la date de son entrée sur le territoire français doit être fixée au mois de décembre 2019 et qu'il a occupé plusieurs emplois afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il ressort pièces du dossier que M. F n'a jamais introduit de demande de titre de séjour depuis son arrivée en France et se maintient ainsi délibérément en situation irrégulière. En outre, la seule production d'un contrat de travail à durée déterminée signé le 1er avril 2020 pour un emploi agricole saisonnier ou l'exercice de mission d'intérim ne sont pas de nature à démontrer l'existence de revenus stables. Enfin, et ainsi qu'il a été dit au point 7, sa situation personnelle ne justifie pas son maintien sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doivent être écartés doivent être écartés/
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 février 2024.
Sur les autres conclusions de la requête :
21. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 27 février 2024, les conclusions aux fins d'injonctions et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, au préfet de la Gironde et à Me Meaude.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La magistrate désignée,
C. E
La greffière,
S. FERMIN
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026