LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2401617

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2401617

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2401617
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme C A, ressortissante tchadienne, qui contestait un arrêté préfectoral du 19 février 2024 refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et prononçant une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence du signataire et d'erreur de fait, et a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également estimé que la décision ne portait pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de l'intéressée ni aux droits de ses enfants, conformément à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et à l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 mars et le 23 juillet 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 6 août 2024, Mme J C A, représentée par Me Landète, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour, portant la mention " vie privée et familiale ", et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- le signataire de l'arrêté ne disposait d'une délégation de signature régulière ;

- cet arrêté est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'elle produit des documents relatifs à son insertion ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il porte une atteinte disproportionnée aux droits fondamentaux de ses enfants, en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 avril 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.

Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 4 juin 2024.

Par une ordonnance du 24 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Josserand,

- et les observations de Me Guérin, représentant Mme C A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme J C A, ressortissante tchadienne, déclare être entrée en France en 2019. Le 13 juin 2022, elle a sollicité auprès des services de la préfecture de la Gironde la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le refus implicite né du silence gardé sur cette demande a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux n° 2206540 du 1er février 2024. Par un arrêté du 19 février 2024, pris en exécution de ce jugement, dont Mme C A demande l'annulation, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un pays de trente jours et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Mme C A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2024, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour :

3. En premier lieu, le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 31 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 33-2023-164, donné délégation à Mme H G, adjointe au bureau de l'admission au séjour des étrangers et signataire de l'arrêté litigieux, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions, documents et correspondances prises en application des livres II, IV, VI et VIII (partie législative et réglementaire) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'absence ou d'empêchement de M. B F et de Mme I E. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est d'ailleurs allégué, que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté daté doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, Mme C A, qui fait valoir qu'elle est suivi par une association et prend des cours de français sans toutefois soutenir qu'elle aurait produit des document en ce sens à l'appui de sa demande de titre de séjour, ne saurait utilement reprocher au préfet d'avoir entaché l'arrêté attaqué d'une erreur de fait en indiquant qu'" elle ne produit pas de document établissant son insertion durable dans la société française ". Le préfet de la Gironde n'a pas davantage entaché cet arrêté d'une erreur de fait en indiquant qu'elle bénéficie du droit de garde sur son enfant en vertu d'un jugement du juge aux affaires familiales du 24 février 2022, quand bien même le délai d'appel à l'encontre de ce jugement courait encore à la date de la décision contestée.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la motivation de l'arrêté attaqué, que le préfet de la Gironde a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressée. Le moyen tiré du défaut d'examen doit par suite être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". En outre, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ".

7. Mme C A fait valoir sa durée de présence de cinq ans en France, où réside également sa sœur ainsi que les pères de ses deux enfants. Il ressort cependant des pièces du dossier que la requérante se maintient irrégulièrement en France en méconnaissance d'une obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre le 9 juillet 2020 et ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, d'une particulière intégration dans la société française. En outre, elle n'établit aucunement que les pères de ses deux enfants participeraient à leur éducation alors que, s'agissant de sa fille D, que son père avait enlevée durant l'été 2021, le juge aux affaires familiales, par un jugement du 24 février 2022, lui a, au contraire, accordé la garde exclusive. Compte-tenu de ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Gironde aurait, en refusant le séjour de la requérante, porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles il a pris sa décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celui tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

9. Pour les motifs relevés au point 7, le moyen tiré de ce que la décision lui refusant el séjour serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa vie personnelle, et méconnaîtrait en particulier les dispositions de l'article 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

10. En sixième lieu, la décision refusant le séjour à la requérante ne lui faisant aucune obligation de quitter le territoire et de retourner dans son pays d'origine, elle ne peut pas utilement soutenir que sa fille serait exposée à un fort risque d'excision en cas de retour au Tchad ni, par voie de conséquence que la décision lui refusant le séjour aurait méconnu l'intérêt supérieur de cet enfant en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

11. Il résulte de de ce qui précède que les conclusions de Mme C A doivent être rejetée en tant qu'elles sont dirigées contre la décision lui refusant le séjour.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

12. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

13. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des pièces produites à l'appui de la requête, et il n'est pas contesté par le préfet en défense, que la fille de Mme C A serait exposée à un fort risque d'excision en cas de retour dans son pays d'origine, le Tchad, dans lequel environ la moitié de femmes sont excisées. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler l'arrêté du 19 février 2024 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire et, par voie de conséquence, qu'il fixe le pays à destination duquel Mme C A est susceptible d'être éloignée d'office et lui interdit de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

15. Au regard du motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet d'examiner la situation de Mme C A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En outre, il y a lieu de lui enjoindre de délivrer à l'intéressé une autorisation provisoire de séjour valable le temps de cet examen, dans un délai de 15 jours. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

16. Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale en application des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État le versement à Me Landète d'une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du préfet de la Gironde du 19 février 2024 est annulé en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, qu'il désigne le pays de destination et qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de procéder à l'examen de la situation de Mme C A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de cette même date.

Article 4 : L'État versera à Me Landète, conseil de Mme C A, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation de sa part à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme J C A, à Me Landète et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Bourgeois, président,

- Mme Jaouën, première conseillère,

- M. Josserand, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

Le rapporteur,

L. JOSSERANDLe président,

M. BOURGEOIS

La greffière,

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions