LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2401884

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2401884

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2401884
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B, ressortissante sénégalaise, qui contestait l'arrêté préfectoral du 8 janvier 2024 lui refusant un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français. La requérante invoquait notamment une erreur de droit du préfet, qui aurait examiné sa demande de titre "salarié" au regard de l'article L. 423-23 du CESEDA au lieu des articles L. 421-1 et L. 435-1. Le tribunal a jugé que le préfet avait compétence pour signer l'arrêté et que les moyens soulevés, y compris la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que sur les accords franco-sénégalais.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 mars et le 26 avril 2024, Mme C B, représentée par Me Aymard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 80 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de lui délivrer dans un délai de huit jours et sous la même astreinte, une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- le signataire de l'arrêté attaqué ne disposait pas d'une délégation de signature régulière ;

- il est entaché d'une erreur de droit, le préfet ayant apprécié au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la demande qu'elle a formulée sur le fondement des articles L. 421-1 et L. 435-1 de ce code ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne les motifs exceptionnels dont elle justifie ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans son principe et dans son quantum.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 27 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal sur la circulation et le séjour des personnes du 1er août 1995 ;

- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires, dans sa rédaction issue de l'avenant signé le 25 février 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Josserand,

- et les observations de Me Aymard, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante sénégalaise, est entrée en France le 15 septembre 2018 munie d'un visa long séjour en qualité d'étudiante valable jusqu'au 5 septembre 2019. Elle a ensuite bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étudiant valable jusqu'au 27 novembre 2021, dont elle a sollicité le renouvellement le 21 novembre 2021. Par un arrêté du 9 février 2022, devenu définitif, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 7 août 2023, Mme B a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article L. 421-1 du même code et de l'accord franco-sénégalais. Par un arrêté du 8 janvier 2024, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur le refus de séjour :

2. En premier lieu, le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 31 août 2023 régulièrement publié, donné délégation à Mme D A, cheffe du bureau de l'admission au séjour des étrangers, signataire de l'arrêté litigieux, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions, documents et correspondances prises en application des livres II, IV, VI et VIII (partie législative et réglementaire) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, s'appliquent aux ressortissants sénégalais les stipulations de la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes ainsi que celles de l'accord du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires, telles que modifiées par un avenant signé le 25 février 2008. Aux termes de l'article 6 de la convention du 1er août 1995 : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre Etat une activité professionnelle () doivent être munis du visa de long séjour prévu à l'article 4 () " Aux termes de l'article 321 de l'accord franco-sénégalais : " La carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", d'une durée de douze mois renouvelable, ou celle portant la mention "travailleur temporaire" sont délivrées, sans que soit prise en compte la situation de l'emploi, au ressortissant sénégalais titulaire d'un contrat de travail visé par l'Autorité française compétente, pour exercer une activité salariée dans l'un des métiers énumérés à l'annexe IV. () ".

4. Il résulte des stipulations citées au point précédent que la situation des ressortissants sénégalais désireux d'obtenir une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " pour exercer une activité salariée est régie par les stipulations de l'article 6 de la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal et par celles du paragraphe 321 de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais, et non par les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit en ne se fondant pas sur ces dernières dispositions.

5. En troisième lieu, les stipulations du paragraphe 42 de l'accord franco-sénégalais susvisé, renvoyant à la législation française en matière d'admission exceptionnelle au séjour des ressortissants sénégalais en situation irrégulière, rendent applicables à ces ressortissants les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet, saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour par un ressortissant sénégalais en situation irrégulière, est conduit, par l'effet de l'accord du 23 septembre 2006 modifié, à faire application des dispositions de l'article L. 435-1 de ce code.

6. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", " travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur ce fondement par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision en litige, que le préfet, qui a notamment pris en compte l'emploi à temps partiel en qualité d'auxiliaire de vie dont se prévaut la requérante, a procédé à un examen de la situation de la requérante en ce qui concerne son admission exceptionnelle en qualité de salariée.

8. D'autre part, si Mme B se prévaut de son ancienneté en France et de son intégration, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle est entrée en France en tant qu'étudiante, puis s'est maintenue sur le territoire en méconnaissance d'une obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 9 février 2022 par la préfète de la Gironde et qu'elle ne fait état d'aucun lien personnel ou familial en France.

9. Enfin, Mme B fait valoir qu'elle travaille depuis 2019 et en particulier depuis 2021 auprès du même employeur Association Soins Santé Domicile sous contrat à durée indéterminée, en qualité d'auxiliaire de vie, pour lequel elle justifie avoir effectué une formation de 700 heures entre 2022 et 2023. Il ressort toutefois des pièces du dossier que son emploi, à temps partiel, ne lui procurait un salaire d'environ 850 euros par mois, nettement inférieur au Smic, à la date de la signature de la décision attaquée le 8 janvier 2024, sans qu'elle ne puisse se prévaloir utilement du fait que, depuis le 1er février 2024, soit postérieurement à cette décision, elle travaille à temps complet. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'emploi d'employé à domicile exercé n'est énuméré parmi les métiers en tension ni en annexe de la convention franco-sénégalaise, ni dans la liste des emplois en tension de Nouvelle-Aquitaine. Compte-tenu de l'ensemble de ces éléments, la requérante ne fait pas état de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, c'est sans commettre une erreur manifeste d'appréciation que le préfet, a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale ".

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception de l'illégalité du refus de séjour doit être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Pour les motifs indiqués au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Gironde aurait, en ordonnant l'éloignement de la requérante, porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles il a pris sa décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

16. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que dit précédemment, que Mme B s'est maintenue sur le territoire méconnaissance d'une obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 9 février 2022 par la préfète de la Gironde. Dans ces conditions, et bien qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Gironde n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, qui n'apparaît pas disproportionnée.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, de même par voie de conséquence que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Aymard et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Bourgeois, président,

- Mme Jaouën, première conseillère,

- M. Josserand, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

Le rapporteur,

L. JOSSERAND Le président,

M. BOURGEOIS

La greffière,

L. SIXDENIERS

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions