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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2402200

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2402200

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2402200
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSAINTE MARIE PRICOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 29 mars 2024 sous le n° 2402200 et des pièces complémentaires enregistrées le 15 avril 2024, M. A E, représenté par Me Bernadou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC033544230007 en date du 17 mai 2023 par lequel le maire de la commune du Verdon-sur-Mer a délivré à M. et Mme C, un permis de construire en vue de l'extension d'une maison d'habitation et l'édification de bâtiments annexes sur un terrain sis 9, rue Capitaine B I de cette commune ;

2°) de mettre à a charge de la commune du Verdon-sur-Mer une somme de 2.500 euros par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. E soutient que :

- la requête est recevable, le recours gracieux du 23 août 2023, notifié le 28 août 2024 en mairie, et formé moins de deux mois après le début d'affichage du permis sur le terrain, ayant été implicitement rejeté par le maire ;

- il a intérêt pour agir, dès lors qu'il est propriétaire indivis d'une maison à usage d'habitation implantée sur la parcelle cadastrées section AT n°195 jouxtant le terrain d'assiette de l'opération litigieuse dont il est voisin immédiat ;

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les travaux autorisés par le permis de construire litigieux ont désormais débutés ;

- il existe un doute réel et sérieux sur la légalité du permis de construire :

- le dossier de demande est incomplet et insuffisant ; il méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme s'agissant du plan de masse, des côtes, de la hauteur au faîtage des constructions ; il méconnaît l'article R. 431-10 de ce code s'agissant du document graphique d'insertion ; il méconnait l'article R. 431-16 de ce code s'agissant de l'attestation de prise en compte de la RE2020 ; il est insuffisant au regard du dispositif de gestion des eaux pluviales; il est incomplet par absence du cachet de l'architecte ; il est incomplet par défaut de permis de démolir ; il est incohérent au regard du traitement des espaces libres ; il est incohérent au regard de la surface de plancher générée par le projet ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 4.3 du PLU relatif aux eaux pluviales ;

- il méconnait les dispositions des articles UA 7.2 et 3 du PLU relatif aux distances de recul en fond de parcelle notamment pour les annexes isolées ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11.1 du PLU relatif à l'insertion des constructions dans leur environnement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 12 du PLU relatif aux aires de stationnement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 13 du PLU relatif aux espaces libres et aux plantations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, M. D C et Mme H C, représentés par Me Sainte Marie Pricot, concluent :

- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête,

- à titre subsidiaire, à son rejet au fond ;

- à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- la notification du recours gracieux n'a pas été faite de façon régulière au regard de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- la requête est tardive, le permis de construire ayant été affiché sur le terrain dès le 21 juin 2023 ;

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite, les travaux étant achevés à la date d'introduction de la requête ;

- le requérant ne démontre pas son intérêt pour agir ;

- aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 17 avril 2024 à 10h03, communiqué par télérecours et remis également à l'audience, M. E conclut aux mêmes fins que précédemment et par les mêmes moyens ; il porte en outre sa demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la somme de 3 500 euros.

II°) Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024 sous le n° 2402201, et des pièces complémentaires enregistrées le 15 avril 2024, Mme G F, représentée par Me Bernadou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC033544230007 en date du 17 mai 2023 par lequel le maire de la commune du Verdon-sur-Mer a délivré à M. et Mme C, un permis de construire en vue de l'extension d'une maison d'habitation et l'édification de bâtiments annexes sur un terrain sis 9, rue Capitaine B I de cette commune ;

2°) de mettre à a charge de la commune du Verdon-sur-Mer une somme de 2.500 euros par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Mme F soutient que :

- la requête est recevable, le recours gracieux du 17 août 2023, notifié le 24 août 2023 en mairie, et formé moins de deux mois après le début d'affichage du permis sur le terrain, ayant été implicitement rejeté par le maire ;

- elle a intérêt pour agir, dès lors qu'elle est propriétaire indivise d'une maison à usage d'habitation implantée sur la parcelle cadastrées section AT n°195 jouxtant le terrain d'assiette de l'opération litigieuse dont il est voisin immédiat ;

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les travaux autorisés par le permis de construire litigieux ont désormais débutés ;

- il existe un doute réel et sérieux sur la légalité du permis de construire :

- le dossier de demande est incomplet et insuffisant ; il méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme s'agissant du plan de masse, des côtes, de la hauteur au faîtage des constructions ; il méconnaît l'article R. 431-10 de ce code s'agissant du document graphique d'insertion ; il méconnait l'article R. 431-16 de ce code s'agissant de l'attestation de prise en compte de la RE2020 ; il est insuffisant au regard du dispositif de gestion des eaux pluviales ; il est incomplet par absence du cachet de l'architecte ; il est incomplet par défaut de permis de démolir ; il est incohérent au regard du traitement des espaces libres; il est incohérent au regard de la surface de plancher générée par le projet ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA 4.3 du PLU relatif aux eaux pluviales ;

- il méconnait les dispositions des articles UA 7.2 et 3 du PLU relatif aux distances de recul en fond de parcelle notamment pour les annexes isolées ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11.1 du PLU relatif à l'insertion des constructions dans leur environnement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 12 du PLU relatif aux aires de stationnement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA 13 du PLU relatif aux espaces libres et aux plantations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, M. D C et Mme H C, représentés par Me Sainte Marie Pricot, concluent :

- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête,

- à titre subsidiaire, à son rejet au fond ;

- à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- la notification du recours gracieux n'a pas été faite de façon régulière au regard de l'article R. 600- 1 du code de l'urbanisme ;

- la requête est tardive, le permis de construire ayant été affiché sur le terrain dès le 21 juin 2023 ;

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite, les travaux étant achevés à la date d'introduction de la requête ;

- le requérant ne démontre pas son intérêt pour agir ;

- aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par deux mémoires en répliques et des pièces complémentaires, enregistrés le 17 avril 2024, respectivement à 9h58, 10h02 et 10h12, communiqués par télérecours et remis également à l'audience, Mme F conclut aux mêmes fins que précédemment et par les mêmes moyens ; elle porte en outre sa demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la somme de 3 500 euros.

Vu :

- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

- les autres pièces du dossier ;

- les requêtes au fond enregistrées le 22 décembre 2023 sous les n°2307080 et n°2307079 par lesquelles M. E d'une part, et Mme F d'autre part, demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique, le mercredi 17 avril 2024, à 10h00, en présence de Mme Gioffré, greffière :

- le rapport de M. Vaquero, juge des référés ;

- les observations de Me Franceries, substituant Me Bernadou, pour M. E et Mme F, cette dernière étant présente à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes et par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Sainte Marie Pricot, pour les consorts C, Mme C étant présente à l'audience, qui maintient ses écritures en défense ;

La commune du Verdon-sur-Mer n'étant ni présente ni représentée ;

Les mémoires et pièces versés dans les deux instances pour M. E et Mme F et enregistrées le 17 avril 2024 ont été remis à la partie adverse présente à l'audience.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 17 mai 2023, le maire de la commune du Verdon-sur-Mer a délivré à M. et Mme C un permis de construire en vue de l'extension d'une maison d'habitation et l'édification de bâtiments annexes sur un terrain sis 9, rue Capitaine B I formant la parcelle cadastrée section AT n°194. M. E et Mme F, propriétaires en indivision d'un bien situé sur la parcelle cadastrée section AT n°195, ont formé chacun un recours gracieux, implicitement rejeté par la commune. Par les deux présentes requêtes, M. E, d'une part, et Mme F, d'autre part, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les deux requêtes sont dirigées contre le même arrêté, soulèvent des moyens communs et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour y statuer par une seule et même ordonnance.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

4. En l'état de l'instruction et des pièces soumises au juge des référés, aucun des moyens invoqués par M. E et Mme F et tels qu'analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 17 mai 2023. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense ni de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de l'une et l'autre requête présentées aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Verdon-sur-Mer, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E et de Mme F, chacun, la somme de 1 000 euros à verser aux consorts C sur le fondement des mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : Les requêtes n° 2402200 et 2402201 sont rejetées.

Article 2 : M. E versera aux consorts C la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Mme F versera aux consorts C la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E, Mme G F, à M. et Mme D et H C, et à la commune du Verdon-sur-Mer.

Fait à Bordeaux, le 18 avril 2024.

Le juge des référés,La greffière,

M. J

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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