vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2402231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL CONQUAND-VALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Valay, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident née du silence gardé par le préfet de la Gironde sur sa demande ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa demande de carte de résident et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que
- la condition d'urgence est remplie ; en sa qualité de parent d'une réfugiée, elle a droit à une carte de résident ; la préfecture se contente de lui délivrer des récépissés valables quelques mois, ce qui a pour effet de la bloquer dans ses démarches en vue de son intégration en France et ce qui rend difficile son accès au travail ; cette situation l'empêche de conclure un contrat " parcours emploi compétence " ; il existe une présomption d'urgence ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée ; cette décision a été prise en méconnaissance des articles L. 424-3 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 février 2024 sous le n° 2401230 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le 18 avril 2024 à 14h00, en présence de Mme Gioffré, greffière :
- le rapport de M. Katz, juge des référés ;
- les observations de Me Valay, représentant Mme A qui conclut aux mêmes fins que ses écritures.
Le préfet de la Gironde n'était ni présent ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu d'admettre Mme A à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code précité : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne le doute sérieux :
3. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application du livre V se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans ". Aux termes de l'article L. 424-3 du même code : " La carte de résident prévue à l'article L. 424-1, délivrée à l'étranger reconnu réfugié, est également délivrée à : () 4° Ses parents si l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection est un mineur non marié, sans que la condition de régularité du séjour ne soit exigée () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 22 mars 2022, la cour nationale du droit d'asile a reconnu la qualité de réfugié à Mme C D, fille de Mme B A. Il suit de là que le moyen invoqué par cette dernière et tiré de la méconnaissance des dispositions précitées est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la décision contestée.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Hors les cas de refus de renouvellement et de retrait d'un titre de séjour, dans lesquels la condition d'urgence est en principe regardée comme satisfaite, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la décision du 22 mars 2022 de la cour nationale du droit d'asile, Mme A a sollicité de l'autorité préfectorale la délivrance de la carte de résident, à laquelle elle peut prétendre de plein droit en application de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est constant que Mme A est maintenue depuis lors sous le régime de récépissés de demande de titre, alors qu'en vertu de l'article R. 424-1 du code précité, il appartient à l'autorité préfectorale de délivrer la carte de résident à l'étranger bénéficiant du statut de réfugié dans un délai de trois mois suivant la reconnaissance de cette qualité. En l'espèce, il est justifié par Mme A et il n'est d'ailleurs pas contesté par le préfet de la Gironde que cette situation a pour effet de la priver de la possibilité de conclure un contrat " parcours emploi compétence " alors qu'elle en a l'opportunité. Compte tenu des conséquences que ce maintien a sur la situation de l'intéressée et eu égard la durée anormalement longue de l'examen de sa demande de carte de résident, alors qu'elle est en droit d'obtenir le titre de séjour sollicité, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision implicite contestée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. La présente ordonnance implique nécessairement que le préfet de la Gironde prenne à nouveau une décision sur la demande de Mme A, après une nouvelle instruction. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'autorité préfectorale de se prononcer à nouveau sur la demande de l'intéressée et ce, en l'espèce, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance.
9. En revanche, les conclusions de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Gironde de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sont sans objet, dès lors qu'il résulte de l'instruction que la requérante est déjà en possession d'une telle autorisation temporaire valable jusqu'au 15 mai 2024.
Sur les frais liés au litige :
10. La requérante étant admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire par la présente ordonnance, son conseil, Me Valay, peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser Me Valay au titre des frais liés au litige, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
ORDONNE :
Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Gironde sur la demande de carte de résident de Mme A est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Gironde de procéder à un nouvel examen de la demande de Mme A tendant à la délivrance d'une carte de résident et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 4 : L'Etat versera à Me Valay, conseil de Mme A, la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au préfet de la Gironde et à Me Valay.
Fait à Bordeaux, le 19 avril 2024.
Le juge des référés,
D. Katz
La greffière,
C. Gioffré La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026