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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2402615

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2402615

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2402615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU-1ère chambre
Avocat requérantSELARL SIRET ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête mémoire enregistrée le 17 avril 2024 et un mémoire enregistré le 21 novembre 2024, non communiqué, M. A D, représenté par Me Siret, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2023 du préfet de la Gironde prononçant la suspension de son permis de conduire pour une période de six mois, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 6 février 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 235-1 du code de la route car il n'avait consommé que du CBB, qui n'est pas un stupéfiant au sens de cet article

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

- l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu en audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a fait l'objet d'un contrôle de police le 2 décembre 2023. La rétention immédiate de son permis de conduire a été prononcée au motif qu'il circulait sous l'emprise de stupéfiants. Le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 5 décembre 2023, suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois. Le requérant a formé le 6 février 2024 un recours gracieux contre cette décision. M. D demande l'annulation de l'arrêté du 5 décembre 2023 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

2. Aux termes de l'article L.224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ". L'article L. 235-1 du code de la route dispose : " I.- Toute personne qui conduit un véhicule ou qui accompagne un élève conducteur alors qu'il résulte d'une analyse sanguine ou salivaire qu'elle a fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants est punie de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. ".

3. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route : " I. - Le dépistage, à partir d'un recueil salivaire, est réalisé au moyen de tests salivaires respectant les seuils minima de détection suivants : 1° S'agissant des cannabiniques : - 9 - tétrahydrocannabinol (THC) : 15 ng/ml de salive () ". Aux termes de l'article 10 du même arrêté : " Les analyses sont exécutées avec des matériels et des méthodes respectant les seuils minima de détection suivants : / I. - En cas d'analyse salivaire : / 1° S'agissant des cannabiniques : / - 9 - tétrahydrocannabinol (THC) : 1 ng/ml de salive (ou équivalent) () ".

4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport d'analyses du laboratoire Toxgen produit en défense, que la recherche de stupéfiants dans le prélèvement salivaire de M. D s'est révélée positive au THC. En se bornant à soutenir qu'il n'aurait consommé que du cannabidiol (CBD), produit dépourvu de propriétés stupéfiantes au sens de l'article L. 235-1 du code de la route, D n'établit pas que les conditions posées pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 224-2 du code de la route n'étaient pas réunies et qu'il ne pouvait donc pas faire l'objet d'une suspension de permis de conduire.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D ne peuvent qu'être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

Le président du tribunal,

G. C La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2402615

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