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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2402798

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2402798
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantRALITERA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2024 et un mémoire enregistré le 7 mai 2024, Mme A B, représenté par Me Ralitera, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 10 avril 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée satisfaite s'agissant d'une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; l'arrêté contesté a pour effet de provoquer la résiliation de son contrat de travail ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté ; la décision de refus de titre de séjour est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte et d'une insuffisance de motivation ; cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est admissible à un titre de séjour salariée ; la mesure d'éloignement est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte et d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ; la mesure d'éloignement n'est pas proportionnelle ; cette mesure est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ; il n'existe pas d'atteinte à l'ordre public ; l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu.

Par un mémoire en défense enregistrés le 6 mai 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'il n'existe aucun moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

Vu :

- la requête enregistrée le 25 avril 2024 sous le n° 2402495 par laquelle Mme B demande l'annulation de l'arrêté contesté ;

- l'arrêté contesté et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Katz, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique, le 7 mai 2024 à 14h00, en présence de Mme Gioffré, greffière.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées à l'audience.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés n'est de propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté. Par suite, les conclusions de la requête à fin de suspension doivent être rejetées. Par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de la Gironde et à Me Ralitera.

Fait à Bordeaux, le 13 mai 2024.

Le juge des référés, La greffière,

D. Katz C. Gioffré

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,