jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2402804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 avril 2024, M. E demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du jury du 25 avril 2024 rejetant sa demande d'inscription en troisième année d'études médicales auprès de l'université de Bordeaux ;
2°) d'enjoindre à l'université de Bordeaux de convoquer de nouveau le jury pour réexaminer sa demande.
Il soutient que :
- le rejet de sa candidature n'est pas motivé ;
- ce rejet n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2024, l'université de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est titulaire d'un doctorat en pharmacie. Le 29 janvier 2024, il a présenté sa candidature en vue d'une admission directe en troisième année d'études médicales auprès de l'université de Bordeaux. Il doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du jury du 25 avril 2024 rejetant cette demande.
2. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'éducation : " () Des candidats, justifiant notamment de certains grades, titres ou diplômes, ainsi que des étudiants engagés dans les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique et souhaitant se réorienter dans une filière différente de leur filière d'origine, peuvent être admis en deuxième ou en troisième année du premier cycle des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique, selon des modalités déterminées par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 631-1 du même code : " () II.- Les titulaires des grades, titres ou diplômes, dont la liste est établie par un arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé, peuvent être admis en deuxième ou troisième année de premier cycle des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique, sur le fondement du quatrième alinéa de l'article L. 631-1 dans les conditions prévues à l'article R. 631-1-3. () ". Aux termes de l'article R. 631-1-3 de ce code : " Les étudiants qui souhaitent présenter leur candidature dans le cadre de la procédure d'admission en deuxième ou en troisième année mentionnée au II de l'article R. 631-1 déposent un dossier dont le contenu, le calendrier et les conditions de dépôt sont définis par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. () Les dossiers recevables au regard des conditions mentionnées au II de l'article R. 631-1 sont examinés par un jury d'admission désigné par le président de l'université. () Les candidats dont le dossier est retenu par le jury sont auditionnés par celui-ci. Une liste de candidats admis est établie par le jury à la suite de l'audition. () ".
3. Les délibérations d'un jury d'examen, tel que celui prévu par les dispositions mentionnées au point précédent, chargé d'apprécier les mérites des candidats, n'entrent dans aucune des catégories de décisions défavorables énumérées par l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration et aucune autre disposition législative ou réglementaire ne prévoit qu'elles doivent être motivées. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision attaquée doit être écarté. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que 113 candidatures ont été présentées pour 30 places proposées au titre de l'admission directe en troisième année d'études médicales. Dans ces conditions, et alors qu'il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par un jury sur les mérites d'un candidat à un concours, le moyen tiré de ce que le rejet de la candidature de M. C serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté, et sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E et à l'université de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme D et Mme B, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
E. D
Le président,
D. FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2402804
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