mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024 M. A C, représenté par Me Foucard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement, à son conseil, de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le préfet de la Gironde ne justifie pas de la notification de la décision par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté sa demande d'asile ; il dispose donc toujours du droit de se maintenir sur le territoire français ;
- l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur un refus de séjour illégale ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- l'exécution de la mesure d'éloignement doit être suspendue jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours dirigé contre la décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides.
Le préfet de la Gironde a produit des pièces enregistrées le 16 septembre 2024.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juillet 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée, relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant géorgien né le 22 janvier 1981, est entré en France au mois d'octobre 2023. Sa demande d'asile, enregistrée le 6 novembre 2023, a été rejetée par une décision rendue le 19 mars 2024 par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Par un arrêté du 22 avril 2024, le préfet de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Selon l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), statuant en procédure accélérée, a rejeté la demande d'asile présentée par le requérant par une décision rendue le 19 mars 2024. La fiche " Télemofpra " produite en défense, dont le contenu fait foi jusqu'à preuve contraire qui n'est pas, en l'espèce, rapportée, mentionne que cette décision a été notifiée au requérant le 19 mars 2024. Ainsi, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'en l'absence de preuve de la notification de la décision rendue par l'OFPRA, il disposait du droit de se maintenir sur le territoire français. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
4. L'unique moyen soulevé à l'encontre du refus de séjour ayant été écarté, le requérant n'est pas fondé à exciper son illégalité à l'appui du recours dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français.
5. Le requérant n'est pas fondé à exciper l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, qui n'est pas établie en l'espèce, à l'appui de son recours dirigé contre l'interdiction de retour sur le territoire français.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 avril 2024.
Sur les conclusions aux fins de sursis à exécution de la mesure d'éloignement :
7. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
8. Le requérant demande la suspension de la mesure d'éloignement prise à son encontre en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la Cour nationale du droit d'asile a rejeté son recours le 14 juin 2024 et que cette décision lui a été notifiée le 15 juillet 2024. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions de la requête :
9. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 22 avril 2024, les conclusions aux fins d'injonctions et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
D. B
Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026