mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403335 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2024, M. A B, représenté par Me Lanne, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 1er décembre 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention
" travailleur temporaire " ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " et le mettre en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler dans cette attente ;
4°) d'enjoindre, titre subsidiaire, au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance et le mettre en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler dans cette attente ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 11 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision implicite de rejet a une incidence immédiate sur la situation : il se trouve en situation irrégulière en l'absence de délivrance d'un récépissé ; sa situation professionnelle est mise en danger ; sa prise en charge au titre du contrat jeune majeur doit prendre fin le 30 juin 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est dépourvue de motivation, d'autant que la demande de communication des motifs du 16 avril 2024 est restée sans réponse ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.
Vu :
- la requête enregistrée le 25 mai 2024 sous le n° 2403334 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
2. M. A B, de nationalité tunisienne, né le 3 septembre 2004, est entré mineur en France et a été placé à l'aide sociale à l'enfance (ASE) de Haute-Garonne par un jugement du tribunal pour enfant du tribunal judiciaire de Toulouse en date du 18 octobre 2021. Il a sollicité le 1er août 2023 auprès de la préfecture de la Gironde la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " au titre des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite intervenue le 1er décembre 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a rejeté sa demande.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. La condition d'urgence, à laquelle l'article L. 521-1 précité subordonne le prononcé d'une mesure de suspension, doit être appréciée à la date à laquelle le juge des référés est appelé à se prononcer.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a formé une première demande de délivrance de titre de séjour le 1er août 2023. Le requérant ne peut ainsi se prévaloir de la présomption d'urgence rappelée au point précédent. Il ressort également des pièces du dossier qu'il était initialement pris en charge au titre de l'ASE de Haute-Garonne jusqu'au 2 novembre 2021, puis par l'ASE de la Gironde, avant de bénéficier d'un contrat jeune majeur pour la période du 20 mai 2023 au 30 juin 2024. Contrairement à ce qui est soutenu, rien ne permet d'affirmer que son accueil provisoire en qualité de jeune majeur, lequel est toujours en cours à la date de la présente ordonnance, ne sera pas prolongé une nouvelle fois au-delà du 30 juin 2024. Il apparaît encore que M. B a signé un contrat d'apprentissage en qualité d'agent de propreté et d'hygiène le 2 janvier 2024, après plusieurs conventions de stage de courte durée. Il n'est toutefois pas davantage démontré que, à supposer que ce contrat d'apprentissage ait débuté, il y soit mis fin à très court terme. En outre, M. B, qui était déjà majeur depuis le 2 septembre 2022, n'a présenté sa première demande de titre de séjour que le 1er août 2023, soit plusieurs mois après avoir signé son contrat d'apprentissage. Pour toutes ces raisons, alors qu'au demeurant l'intéressé avait la faculté de saisir le juge des référés à compter du 1er décembre 2023, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'apparaît pas satisfaite. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si l'un des moyens invoqués est de nature à faire naître un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension, ainsi que par voie de conséquence celles à fin d'injonction, par application de l'article L. 522-3 du même code.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement " et aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte des points précédents que la requête de M. B ne satisfait pas de manière manifeste aux conditions posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. B demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Lanne.
Copie sera transmise pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 4 juin 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026