Site expérimental.Les contenus sont rédigés avec l'aide d'une intelligence artificielle, qui peut se tromper. Si vous voyez une information fausse, merci de nous prévenir à contact@meilleuravocats.fr : nous corrigeons rapidement. Notre objectif est d'aider les avocats et les professionnels, jamais de leur nuire.

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2403406

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2403406
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU-4ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 21 mai 2024, la présidente du tribunal administratif de Nice a transmis à la présidente du tribunal administratif de Bordeaux la requête de M. A B enregistrée le 1er mai 2024.

Par une requête, enregistrée le 1er mai 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas été prise en tenant compte de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est présent sur le territoire français depuis 2017, qu'il est salarié depuis janvier 2023 dans le secteur du bâtiment, qu'il est bénévole à la Croix rouge depuis 2021, qu'il déclare ses impôts depuis 2017, qu'il possède un compte bancaire, qu'il est locataire avec sa concubine de nationalité portugaise d'un appartement de deux pièces et que ses frères sont présents légalement en France.

La procédure a été communiquée au préfet de la Gironde qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 21 février 1982, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2017. Par un arrêté du 29 avril 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes lui a assigné l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office à défaut de se conformer à cette obligation et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet des Alpes-Maritimes a procédé à l'examen particulier de la situation du requérant.

3. En second lieu, M. B se prévaut notamment de sa présence en France depuis 2017 ainsi que de son intégration professionnelle. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé est entré irrégulièrement en France, sans démontrer être en possession des documents et visa exigés à l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, s'il est séparé avec enfants à charge, il n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants avec lesquels il ne démontre pas la réalité des liens, ni détenir l'autorité parentale. Il ne peut dès lors se réclamer avoir constitué une cellule familiale stable sur le territoire français. Malgré le fait qu'il se prévaut de la présence en France de ses deux frères, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces derniers bénéficient d'un droit au séjour, et quand bien même, il ne justifie pas de l'intensité de ses liens avec eux. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'arrêté litigieux, que le requérant a déclaré conserver des attaches familiales dans son pays d'origine. Enfin, la circonstance qu'il est salarié, depuis janvier 2023, dans le secteur du bâtiment en qualité d'intérimaire " peintre qualifié ", ne suffit pas à caractériser son intégration sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet des Alpes-Maritimes aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 29 avril 2024 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes- Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La magistrate désignée,

F. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,