jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, l'association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), l'association AVES France et l'association One Voice, représentées par Me Rigal Casta, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n°58-2024-05-15-0006 du préfet de Lot-et-Garonne en date du 12 mai 2024 portant autorisation d'une période complémentaire de l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau dans le département de Lot-et-Garonne du 15 mai 2024 au 14 septembre 2024 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la requête est recevable à raison de l'intérêt pour agir des trois associations requérantes et du respect du délai de recours ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la prise d'effet de l' acte autorisant la période complémentaire de vénerie est imminente, du 15 mai au 14 septembre 2024 ; les effets en sont graves et manifestement irréversibles ; aucun intérêt public ne s'oppose à ce que la période complémentaire de chasse par vénerie sous terre du blaireau ne soit suspendue dans le département ; la destruction de blaireaux durant la phase juvénile présente quant à elle un risque important sur la dynamique de l'espèce et, de ce fait, pour la biodiversité ; l'abattage de spécimens d'animaux est par nature irréversible, quand bien même l'espèce ne serait pas en danger ;
- il existe un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision :
* la procédure de consultation du public a méconnu les dispositions de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement en l'absence de publication de la note de présentation et du projet d'arrêté durant la totalité de la phase de consultation du public, ce vice étant de nature à priver le public d'une garantie constitutionnelle ; en outre, la note de présentation ne comporte aucune donnée précise et fiable quant à l'état de la population des blaireaux dans le département ; elle ne comporte pas davantage les objectifs et les justifications de cette période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau ; ce vice, par insuffisance de la note de présentation, a privé le public d'une garantie constitutionnelle et n'est pas régularisable ;
* elle méconnaît la combinaison des articles L. 424-10 et L. 425-4 du code de l'environnement qui interdit l'abattage de spécimens juvéniles non matures sexuellement ; la méthode de chasse autorisée, qui n'est pas sélective, contrairement à ce qui est fréquemment soutenu, porte gravement atteinte aux jeunes spécimens de l'espèce, qui seront présents et vulnérables dans les terriers ; l'interdiction posée par ces dispositions implique qu'elle s'applique aux juvéniles, tant qu'ils n'ont pas été en capacité de se reproduire ; il est scientifiquement établi que les blaireautins, qui naissent entre janvier et mars, sont sevrés aux alentours de quatre mois et s'émancipent progressivement durant les mois qui suivent, de sorte qu'ils peuvent être regardés comme émancipés aux alentours de six à huit mois ; durant la période s'étalant entre les mois de mai et de septembre inclus, des blaireautins vulnérables, dépendants de leur mère et non matures sexuellement, sont bien présents dans les terriers ; dans les zones de conflit et notamment lors d'une période où les blaireautins n'ont pas atteint l'état adulte, d'autres techniques que la vénerie sous terre sont à la disposition des pouvoirs publics pour réguler la population si cela s'avère nécessaire ; la période de vénerie complémentaire autorisée du 15 mai au 15 septembre 2024 empiète donc sur les phases de développement des blaireautins ; la préfecture a été induite en erreur par les données fournies par la fédération départementale des chasseurs sur la biologie du blaireau ;
* elle est entachée d'une erreur de fait quant aux motifs justifiant l'ouverture d'une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau : aucune des sources utilisées par la préfecture ne permet d'apprécier efficacement la dynamique de la population du blaireau dans le Lot-et-Garonne, qu'il s'agisse du bulletin mensuel de l'Office national de la chasse (ONC) de 1993 ou de l'étude de l'Office français de la biodiversité (OFP) publiée en 2016 ; la densité de blaireautières dans le Lot-et-Garonne est quant à elle particulière faible en comparaison des moyennes françaises ; la population de blaireaux est en outre en déclin dans ce département ; enfin, la préfecture ne détient aucune information fiable permettant de conclure à l'apparition de dégâts importants attribués au blaireau ; en toute hypothèse, la vénerie sous terre apparaît comme inutile et dangereuse pour l'équilibre des populations de blaireaux et présente même un caractère contre-productif ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt pour agir des associations ASPA, AVES et One Voice ;
- la requête est irrecevable dès lors que l'arrêté attaqué sous le n°58-2024-05-15-0006 correspond à un arrêté pris par le préfet de la Nièvre, et non pas le préfet de Lot-et-Garonne ;
- l'urgence n'est pas établie compte tenu des nombreux dégâts provoqués par les blaireaux et dès lors que les prélèvements sur la population seront minimes ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé :
- l'impossibilité de télécharger la note de présentation est regrettable et purement technique ; les requérantes comme la population avaient la possibilité d'en alerter l'administration ;
- il n'y a pas d'atteinte manifeste aux portées et aux petits blaireaux dès lors notamment que la distinction entre blaireautins et spécimens adultes n'est pas pertinente à partir de mi-mai ; la pratique de la vénerie sous terre est une méthode de chasse par nature sélective ;
- les motifs qui fondent l'arrêté sont fondés et ne sont pas entachés d'erreur de faits : la préfecture dispose d'informations précises sur la population de blaireaux en Lot-et-Garonne et sur les dégâts et problèmes induits par les blaireaux en termes de santé publique, de sécurité publique et d'économie locale ; bien que les blaireaux soient des animaux sauvages précieux dans de nombreux écosystèmes, leur population doit parfois être régulée pour préserver l'équilibre agro-sylvo-cynégétique et atténuer les impacts négatifs sur les activités humaines et la biodiversité.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 18 juin 2024, les associations requérantes concluent aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête. Elles ajoutent que la " note technique " de la fédération départementale des chasseurs, prise dans son intégralité, démontre le déclin de la population de blaireaux dans le département du Lot-et-Garonne.
Par un mémoire en intervention et un mémoire ampliatif, enregistrés le 18 juin 2024, la fédération départementale des chasseurs de Lot-et-Garonne, représentée par Me Lagier, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle justifie de sa capacité pour agir et de son intérêt au maintien de l'exécution de l'arrêté ;
- la requête est irrecevable à raison du ressort géographique, de l'objet social et de l'absence d'action concrètes des requérantes ;
- la requête est également irrecevable dès lors que leur seul agrément ne suffit pas sur ce point ;
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : les requérantes ne développent aucun nouvel argument par rapport à ceux déjà présentés dans leurs requêtes identiques de 2023, rejetées par le juge des référés ; l'arrêté en litige ne porte aucunement atteinte à un intérêt public ; il ne porte pas davantage une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation des requérantes ou à l'intérêt qu'elles défendent ; les blaireaux ne sont pas une espèce en voie d'extinction ni même menacée ; les associations requérantes ne produisent aucune donnée relative à la situation et l'état de conservation des blaireaux dans le Lot-et-Garonne ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute réel et sérieux quant à la légalité de l'arrêté :
- le préfet ne fait qu'appliquer la réglementation en vigueur ;
- le droit de l'Union européenne ne comporte pas de disposition, directive ou règlement susceptible de s'appliquer aux blaireaux ; il ne s'agit pas d'une espèce protégée dont l'exploitation serait interdite ;
- la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) a rendu le 11 mars 2024 un avis favorable à l'arrêté ;
- la note de présentation du projet d'arrêté soumis à la consultation du public répond parfaitement aux dispositions de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;
- l'instauration d'une période complémentaire de vénerie sous terre est parfaitement justifiée en fait et en droit ;
- l'article L. 424-10 du code de l'environnement n'est pas applicable à la vénerie sous terre dès lors que ces dispositions ne concernent pas la chasse ; le critère de la maturité sexuelle ne s'applique pas ; le seul critère pertinent pour distinguer les petits, au sens de ces dispositions, est le sevrage intervenu au 15 mai s'agissant de cette espèce ;
- le Conseil d'État a reconnu la légalité des dispositions de l'article R. 424-5 du code de l'environnement et, en particulier, sa compatibilité avec les dispositions de son article L. 424-10 ; l'arrêté est conforme à cette jurisprudence ;
- le blaireau cause des dégâts très variés aux diverses activités agricoles, aux voies de transport ; il est vecteur de la tuberculose bovine et susceptible d'infecter aussi bien la faune domestique et sauvage que l'homme ;
- les associations requérantes n'apportent aucune démonstration significative et concrète, notamment pour le département de Lot-et-Garonne, de ce qu'elles avancent ;
- il résulte de la lecture de l'ensemble des études fournies par les requérantes que le sevrage du blaireau intervient à la mi-avril et que la fin de cette étape de la croissance du blaireau est le début de l'indépendance du blaireautin vis-à-vis de sa mère et des autres occupants du terrier ; le taux de croissance et de survie sont liés aux facteurs environnementaux ;
- les requérantes usent de pièces rédigées en langue anglaise sans en fournir la traduction ; ces pièces doivent être écartées des débats ;
Vu :
- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 31 mai 2024 sous le n° 2403446 par laquelle les associations requérantes demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la charte de l'environnement ;
- la convention de Berne du 19 septembre 1979 ;
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie ;
- l'arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée ;
- l'arrêté du 11 mai 2023 portant publication de la liste des associations agréées au titre de la protection de l'environnement dans le cadre national ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le mercredi 19 juin 2024 à 10h00 :
- le rapport de M. Vaquero, juge des référés ;
- les observations de Me Rigal-Casta, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête ; il ajoute que :
* les études fournies par la préfecture ne sont pas fiables, sur la densité de la population des blaireaux et sur le recensement des blaireautières ;
* le sevrage des blaireautins n'est pas déterminant, les petits non matures sexuellement restent auprès de leur mère plusieurs mois ;
- les observations de M. A pour la préfecture de Lot-et-Garonne, qui maintient ses conclusions en défense ; il ajoute que :
* les requérantes n'apportent aucun éléments nouveau par rapport au rejet de leur requête en référé de 2023 ;
* les lieutenants de louveterie sont des agents assermentés de l'État qu'il ne faut pas confondre avec les chasseurs ;
* si la note de présentation accompagnant le projet d'arrêté n'a en effet pas pu être téléchargée, pour des raisons purement techniques, pendant la durée de la consultation, sans que personne n'en avertisse la préfecture, pour autant des observations du public ont pu être émises ; les requérantes ne démontrent pas n'avoir pu présenter elles-mêmes des observations ; il n'y a donc eu aucune atteinte à une garantie constitutionnelle ;
- et les observations de Me Lagier, pour la fédération départementale des chasseurs de Lot-et-Garonne, qui confirme ses conclusions en intervention ; il ajoute que :
* le débat scientifique trouve ses limites et les parties ont épuisé leur démonstration ;
* " la trajectoire de l'espèce sur plusieurs années ", selon la formule jurisprudentielle, ne démontre aucun déclin de la population des blaireaux en Lot-et-Garonne ;
* la réglementation propre aux oiseaux et à certains poissons d'eau douce, invoquée par les requérantes, n'est pas transposable aux autres espèces, notamment la blaireau ;
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 12 mai 2024, le préfet de Lot-et-Garonne, après avoir recueilli l'avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, réunie le 11 mars 2024, a autorisé une période complémentaire de l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau dans le département de Lot-et-Garonne du 15 mai 2024 au 14 septembre 2024, en dehors des zones infectées de la tuberculose bovine. L'association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), l'association AVES France et l'association One Voice demande au juge des référées, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
Sur l'intervention de la fédération départementale des chasseurs du Lot-et-Garonne :
3. La fédération départementale des chasseurs du Lot-et-Garonne a intérêt au maintien de la décision attaquée dont la suspension de l'exécution est demandée. Ainsi son intervention en défense est recevable.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 420-1 du code de l'environnement : " La gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats est d'intérêt général. La pratique de la chasse, activité à caractère environnemental, culturel, social et économique, participe à cette gestion et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines en assurant un véritable équilibre agro-sylvo-cynégétique. / Le principe de prélèvement raisonnable sur les ressources naturelles renouvelables s'impose aux activités d'usage et d'exploitation de ces ressources. En contrepartie de prélèvements raisonnés sur les espèces dont la chasse est autorisée, les chasseurs doivent contribuer à la gestion équilibrée des écosystèmes. La chasse s'exerce dans des conditions compatibles avec les usages non appropriatifs de la nature, dans le respect du droit de propriété ". Aux termes de son article L. 425-4 : " L'équilibre agro-sylvo-cynégétique consiste à rendre compatibles, d'une part, la présence durable d'une faune sauvage riche et variée et, d'autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités agricoles et sylvicoles. / Il est assuré, conformément aux principes définis à l'article L. 420-1, par la gestion concertée et raisonnée des espèces de faune sauvage et de leurs habitats agricoles et forestiers ".
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 424-2 du code de l'environnement : " Nul ne peut chasser en dehors des périodes d'ouverture de la chasse fixées par l'autorité administrative selon des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de son article R. 424-5 : " La clôture de la vénerie sous terre intervient le 15 janvier. / Le préfet peut, sur proposition du directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs, autoriser l'exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai ". Aux termes, enfin, de l'article L. 424-10 : " Il est interdit de détruire, d'enlever ou d'endommager intentionnellement les nids et les œufs, de ramasser les œufs dans la nature et de les détenir. Il est interdit de détruire, d'enlever, de vendre, d'acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée, sous réserve des dispositions relatives aux animaux susceptibles d'occasionner des dégâts. / () ". Ces dernières dispositions sont applicables aux blaireaux, relevant des espèces de gibier dont la chasse est autorisée, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 26 juin 1987 susvisé.
6. Il résulte des dispositions précitées que la pratique de la vénerie sous terre est autorisée par l'article L. 424-4 du code de l'environnement et que l'article R. 424-5 du même code a pour seul objet de préciser ses périodes d'ouverture, du 15 septembre au 15 janvier, par dérogation à celle prévue pour la chasse à courre ouverte du 15 septembre au 31 mars, et, sur autorisation préfectorale, pour une période complémentaire à partir du 15 mai. Ces dispositions n'ont pas par elles-mêmes pour effet d'autoriser la destruction de petits blaireaux ou de nuire au maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable, le préfet étant notamment tenu, pour autoriser cette période de chasse complémentaire, de s'assurer, en considération des avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et des circonstances locales, qu'une telle prolongation n'est pas de nature à porter atteinte au bon état de la population des blaireaux ni à favoriser la méconnaissance, par les chasseurs, de l'interdiction légale de destruction des petits blaireaux.
7. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par les associations requérantes et tels qu'analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 12 mai 2024 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a autorisé une période complémentaire de l'exercice de la vénerie sous terre du blaireau dans le département de Lot-et-Garonne du 15 mai 2024 au 14 septembre 2024. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense ni de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions des associations requérantes aux fins de suspension de l'exécution de cette décision, ainsi que celles de la fédération départementale des chasseurs de Lot-et-Garonne tendant à ce que les pièces rédigées en langue anglaise soient écartées des débats, doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la fédération départementale des chasseurs de Lot-et-Garonne est admise.
Article 2 : La requête n°2403447 est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), l'association AVES France et l'association One Voice, au ministre de la transition écologique et à la fédération départementale des chasseurs de Lot-et-Garonne.
Copie sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.
Fait à Bordeaux, le 27 juin 2024.
Le juge des référés,La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026