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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2403568

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2403568

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2403568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLANNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête n°2403568, enregistrée le 6 juin 2024, le préfet de la Gironde demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion sous un délai de 8 jours de Mme E C du logement qu'elle occupe de manière irrégulière, situé 31 rue Dubrana à Eysines (33320), centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA) géré par l'association ADOMA ;

2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux passé le délai de 8 jours ;

3°) d'autoriser le préfet de la Gironde à donner toutes instructions utiles à l'association ADOMA, gestionnaire du CADA afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant à défaut pour elle de les avoir emportés.

Le préfet de la Gironde soutient que :

-la demande relève de la compétence du juge administratif en vertu de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la requête est recevable ;

-l'occupante a été mis en demeure, le 18 avril 2024 de quitter le logement immédiatement, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui avait notifié, le 21 février 2024, l'obligation de quitter les lieux sans délai compte tenu du rejet définitif de sa demande d'asile ;

-la mesure demandée présente un caractère d'utilité et d'urgence : il y a urgence dès lors que les capacités en centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) et hébergements d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) de la Gironde sont saturées ; eu égard au nombre de demandeurs d'asile et de personnes vulnérables concernées, le fonctionnement du dispositif exige de la fluidité ; le maintien d'occupants sans droit ni titre compromet l'objectif d'égal accès aux usagers ;

-la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que le maintien dans les lieux est illégal et que la mise en demeure préfectorale est restée infructueuse ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, Mme C, représentée par Me Lanne, conclut à :

- son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

- au rejet de la requête ;

- à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi sur l'aide juridique.

Elle fait valoir que :

- l'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée par le préfet font défaut ;

- il existe une contestation sérieuse dès lors qu'elle est très malade et suivie en France par le CH de Bordeaux depuis le mois de juin 2023 ;

- sa demande de titre de séjour, de même que celle de sa mère, Mme D, déposée le 4 mai 2024 et considérée comme complète en préfecture le 20 septembre 2024, a fait l'objet d'un refus d'enregistrement pour tardiveté ; ce refus est contesté devant le tribunal administratif ; elle a déposé une nouvelle demande de titre de séjour ;

- elle souffre d'un cancer des voies biliaires et nécessite un traitement très lourd qui repose sur de la chimiothérapie et de l'immunothérapie ; la présence à ses côtés de sa mère, Mme D est indispensable ; l'obligation de quitter leur logement causerait une atteinte illégitime et disproportionnée à son état de santé.

II°) Par une requête n°2403569, enregistrée le 6 juin 2024, le préfet de la Gironde demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion sous un délai de 8 jours de Mme A D du logement qu'elle occupe de manière irrégulière, situé 31 rue Dubrana à Eysines (33320), centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA) géré par l'association ADOMA ;

2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux passé le délai de 8 jours ;

3°) d'autoriser le préfet de la Gironde à donner toutes instructions utiles à l'association ADOMA, gestionnaire du CADA afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant à défaut pour elle de les avoir emportés.

Le préfet de la Gironde soutient que :

-la demande relève de la compétence du juge administratif en vertu de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la requête est recevable ;

-l'occupante a été mis en demeure, le 18 avril 2024 de quitter le logement immédiatement, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui avait notifié, le 12 février 2024, l'obligation de quitter les lieux sans délai compte tenu du rejet définitif de sa demande d'asile ;

-la mesure demandée présente un caractère d'utilité et d'urgence : il y a urgence dès lors que les capacités en centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) et hébergements d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) de la Gironde sont saturées ; eu égard au nombre de demandeurs d'asile et de personnes vulnérables concernées, le fonctionnement du dispositif exige de la fluidité ; le maintien d'occupants sans droit ni titre compromet l'objectif d'égal accès aux usagers ;

-la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que le maintien dans les lieux est illégal et que la mise en demeure préfectorale est restée infructueuse ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, Mme D, représentée par Me Lanne, conclut à :

- son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

- au rejet de la requête ;

- à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi sur l'aide juridique.

Elle fait valoir que :

- l'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée par le préfet font défaut ;

- il existe une contestation sérieuse dès lors que sa fille, Mme C, qui vit avec elle, est très malade et suivie en France par le CH de Bordeaux depuis le mois de juin 2023 ;

- sa demande de titre de séjour, de même que celle de sa fille, déposée le 4 mai 2024 et considérée comme complète en préfecture le 20 septembre 2024, a fait l'objet d'un refus d'enregistrement pour tardiveté ; ce refus est contesté devant le tribunal administratif ; elle a déposé une nouvelle demande de titre de séjour ;

- sa fille, Mme C, souffre d'un cancer des voies biliaires et nécessite un traitement très lourd qui repose sur de la chimiothérapie et de l'immunothérapie ; sa présence à ses côtés est indispensable ; l'obligation de quitter leur logement causerait une atteinte illégitime et disproportionnée à l'état de santé de sa fille.

Vu les autres pièces de chacun des dossiers ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique tenue le mercredi 19 juin 2024 à 14h30, en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience :

- M. Vaquero, juge des référés, en son rapport ;

- les observations de Mme B, représentant la préfecture de la Gironde, qui conclut dans les deux instances, aux mêmes fins et par les mêmes moyens que les requêtes ; elle précise que la mère et sa fille occupent le même logement ; les chiffres relatifs à l'occupation des CADA et HUDA sont actualisés chaque mois par le service de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA) ; le taux de présence indue en Gironde est de 29.7 %, le plus élevé après celui d'Ile-de-France et au-dessus de la moyenne national qui s'établit à 12.1 % ; le préfet ne conteste pas la réalité de la lourde pathologie dont souffre Mme C, mais doit tenir compte de l'impératif de fluidité dans les hébergements dédiés aux demandeurs d'asile ; les deux femmes connaissaient l'engagement pris de libérer les lieux selon le contrat d'accueil signé à leur arrivée ;

- les observations de Me Chevallier-Chiron, substituant Me Lanne, qui maintient ses écritures en défense ; elle précise que Mme C a reçu un premier diagnostic de sa pathologie en août 2023 ; le retard dans le diagnostic médical, compte tenu des inévitables examens et analyses nécessaires, est la cause de son retard dans les démarches administrative en vue de sa demande de titre de séjour et celle de sa mère ; outre les traitements très lourds dans le cadre de son cancer, son pronostic vital est susceptible d'être engagé en cas de complication ou d'interruption de ceux-ci ; la présence de sa mère à ses côtés apparaît indispensable.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction des requêtes :

1. Les requêtes concernent les deux membres d'une même famille visés par le même type de demande et présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance.

Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme C et Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. D'une part, aux termes de l'article L.541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. () ". L'article L. 552-2 de ce code dispose que : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile (). Et son article L. 552-14 que : " Les décisions de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur ". Enfin, aux termes de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. () La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence.

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme E C, et sa mère, Mme A D, de nationalité géorgienne, nées respectivement le 8 septembre 1988 et le 2 février 1960, ont été accueillies dans le cadre de leur demande d'asile au centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) géré par l'association ADOMA et située au n°31 rue Dubrana à Eysines. La demande d'asile de Mme C a été rejetée par une décision du 15 novembre 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 10 février 2024. La demande d'asile de Mme D a été rejetée par une décision du 29 septembre 2023 de l'OFPRA, rejet confirmé par la CNDA le 28 décembre 2023. Par décision du 21 février 2024, notifiée le jour même, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a signifié à Mme C qu'elle devait quitter le lieu d'hébergement avant le 31 mars 2024 au plus tard. L'OFII a fait de même pour Mme D par une décision du 12 février 2024, notifiée le 21 février 2024, lui signifiant qu'elle devait quitter le lieu d'hébergement avant le 16 février 2024 au plus tard. Les intéressées relèvent par conséquent des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la libération des lieux par Mme C et sa mère présente également un caractère d'urgence eu égard aux besoins d'accueil des demandeurs d'asile dans le département de la Gironde et à la nécessité de préserver la continuité du service public de l'accueil de ces demandeurs d'asile. Il n'est pas contesté en effet qu'au 1er avril 2024, si les pouvoirs publics disposent de 1 151 places de centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) et de 781 places d'hébergement d'urgence pour les demandeurs d'asile (HUDA), la préfecture de la Gironde recense 4 576 demandeurs d'asile et 159 bénéficiaires de la protection internationale, dont 3 303 personnes isolées et 1 257 personnes en famille, non hébergés dans le dispositif d'accueil des demandeurs d'asile. Parmi toutes ces personnes, on dénombre 5 familles avec enfants mineurs, 4 couples sans enfants, et 37 personnes isolées considérées comme vulnérables par la structure de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA) de Bordeaux. Il s'ensuit que, contrairement à ce que font valoir Mme C et Mme D, la condition d'urgence et d'utilité de la mesure sollicitée, qui doit permettre un fonctionnement normal du service d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile, eu égard aux tensions persistantes sur ce dispositif dans le département de la Gironde, est démontrée.

6. Toutefois, en troisième lieu, si Mme C et Mme D se maintiennent sans autorisation, depuis le 31 mars 2024, dans le logement qu'elles occupent, il résulte de l'instruction que Mme C s'est vu diagnostiquer en août 2023 un cancer des voies biliaires non opérable. Elle a commencé un traitement par chimiothérapie, prolongé pendant au moins deux ans, par un traitement par immunothérapie, nécessitant une hospitalisation de jour mensuelle. Il n'est pas sérieusement contesté que sa pathologie nécessite la présence à ses côtés de sa mère, Mme D. En outre, il résulte de l'instruction que les deux femmes ont présenté une nouvelle demande de titre de séjour auprès de la préfecture de la Gironde compte tenu de l'état de santé de Mme C. Pour ces différentes raisons, la demande formulée par le préfet de la Gironde rencontre une contestation sérieuse qui fait obstacle au prononcé par le juge des référés de l'expulsion de Mme C et Mme D du logement qu'elles occupent, quand bien même elles ne peuvent plus justifier d'un titre les autorisant à y demeurer.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 qu'il y a lieu d'admettre provisoirement Mme C et Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Lanne, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de ses clientes à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lanne de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C et Mme D par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée globalement à ces dernières.

O R D O N N E :

Article 1er: Mmes C et D sont admises à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2r : Les requêtes n°2403568 et 2403569 du préfet de la Gironde sont rejetées.

Article 3 : L'Etat versera à Me Lanne, sous réserve pour ce dernier de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, une somme globale de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C et Mme D par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 1 200 euros sera versée à ces dernières.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Gironde ainsi qu'à Mme E C et Mme A D.

Fait à Bordeaux, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La greffière,

C. Gioffré La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière,

4

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