LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2403616

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2403616

mercredi 18 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2403616
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en excès de pouvoir, a rejeté la requête de Mme C, ressortissante mauritanienne, qui contestait la décision du directeur de l'OFII du 4 juin 2024 mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil. La décision était motivée par son absence non justifiée à l'aéroport le 30 avril 2024 pour un transfert vers l'Espagne, constituant un manquement aux exigences des autorités d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, de défaut d'examen et d'erreur d'appréciation, jugeant que l'OFII avait légalement appliqué l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juin 2024 et le 3 octobre 2024, Mme G C, représentée par Me Trébesses, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 juin 2024 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a décidé de la cessation des conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait ;

2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision a été signée par une autorité qui ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation particulière ;

- l'OFII s'est crue en situation de compétence liée ;

- le directeur de l'OFII a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ; il ne pouvait se fonder sur le motif qu'elle n'avait pas embarqué le 30 avril 2024 alors que la France était responsable de sa demande d'asile depuis le 13 décembre 2023 ; elle a justifié de son absence pour un motif médical au rendez-vous du 15 novembre 2023, elle a été convoquée plusieurs fois à la préfecture après le 15 novembre 2023 et les courriels de la préfecture témoignent de ce qu'il était prévu d'enregistrer sa demande en procédure normale ;

- elle a été prévenue trop tardivement le 30 avril 2024 pour pouvoir embarquer dans de si brefs délais.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 20 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- Le règlement UE n° 604/2013 ;

- le règlement UE n° 1560/2003

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme I a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G C, ressortissante mauritanienne, née le 11 décembre 2004, est entrée en France le 31 mars 2023, sous couvert d'un visa délivré par l'Espagne, avec sa mère, Mme E et de ses trois frères. Elle a sollicité l'asile le 31 mars 2023. Par un arrêté du 2 octobre 2023, le préfet de la Gironde a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de sa prise en charge. Le 14 avril 2024, elle a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII. Le 4 juin 2024, le directeur territorial de l'OFII lui a notifié la cessation des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne se présentant pas à l'aéroport le 30 avril 2024, manifestant un refus d'embarquer. Mme C demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes (). / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. ".

3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. F B, directeur territorial de l'OFII de Bordeaux, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par décision du directeur général de l'OFII du 11 juillet 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII, avant de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme C, n'aurait pas procédé à l'examen de sa situation ou qu'il se serait cru en situation de compétence liée pour prendre sa décision de cessation des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de Mme C. Les moyens soulevés en ce sens doivent par suite être écartés.

5. En quatrième lieu, il résulte du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 (dit "D A"), combiné avec le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, que si l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur d'asile a informé l'Etat membre responsable de l'examen de la demande, avant l'expiration du délai de six mois dont il dispose pour procéder au transfert de ce demandeur, qu'il n'a pu y être procédé du fait de la fuite de l'intéressé, l'Etat membre requis reste responsable de l'instruction de la demande d'asile pendant un délai de dix-huit mois courant à compter de l'acceptation de la reprise en charge, dont dispose l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur pour procéder à son transfert. La prolongation du délai de transfert, qui résulte du seul constat de fuite du demandeur et qui ne donne lieu qu'à une information de l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile par l'État membre qui ne peut procéder au transfert, a pour effet de maintenir en vigueur la décision de transfert aux autorités de l'Etat responsable et ne suppose pas l'adoption d'une nouvelle décision. Cette prolongation n'est ainsi qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision susceptible de recours.

6. Il n'est pas contesté que Mme C n'a pas exercé de recours à l'encontre de l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet de la Gironde a ordonné son transfert aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile, sur la base d'un accord explicite émis par ces autorités le 13 juin 2023. En outre, il ressort des pièces du dossier que Mme C, dûment convoquée au guichet de la préfecture le 15 novembre 2023 en vue de l'organisation de son transfert, ne s'est pas présentée au rendez-vous. Si elle soutient avoir été empêchée pour des raisons de santé, elle se borne à produire un certificat médical rédigé par un médecin généraliste le 14 novembre 2023, en des termes peu circonstanciés, indiquant simplement que " l'état de santé de Mme C nécessite le repos à domicile pendant 2 jours ". C'est en outre par une lettre recommandée contre accusé de réception, postée le 15 novembre 2023, soit le jour-même de sa convocation, que la requérante a informé la préfecture de son indisponibilité. Ces circonstances ne sauraient, en l'absence de tout autre élément suffisamment convaincant, constituer un motif légitime justifiant qu'elle ne se soit pas présentée à la préfecture. Ainsi, à cette date, le préfet de la Gironde a pu légalement regarder Mme C comme étant en fuite et prolonger le délai de transfert pour porter sa durée à dix-huit mois, soit jusqu'au 13 décembre 2024. De plus, si Mme C soutient que les services de la préfecture lui ont laissé penser qu'elle était revenue en procédure normale et qu'elle a été convoquée plusieurs fois à la préfecture après le 15 décembre 2023, d'une part, elle n'a pas reçu de document qui en atteste et le document de convocation à la préfecture, où elle s'est rendue les 31 janvier 2024, 13 mars 2024, 10 avril 2024 et 30 avril 2024 précise que " si l'Etat membre reconnaît sa responsabilité dans l'examen de votre demande, vous pouvez faire l'objet d'une remise exécutoire d'office aux autorités compétentes de cet état et le cas échéant () d'un placement en rétention dans l'attente de l'organisation de votre départ, à tout moment et également à l'occasion d'une présentation en préfecture. ". Enfin, si Mme C allègue qu'elle a été prévenue trop tard pour pouvoir se rendre à l'aéroport pour embarquer, elle ne fournit aucun élément probant de nature à étayer et démontrer ses propos, alors même, qu'ainsi qu'il a été dit, en se présentant à la préfecture, elle était susceptible de devoir se rendre disponible pour un embarquement, qu'elle était convoquée à 8 h 30 et qu'elle a signé le document de routing émis par le ministère de l'intérieur le 22 mars 2024, indiquant les horaires et les délais d'embarquement pour le vol le 30 avril 2024. Dans ces conditions, le directeur territorial de l'OFII n'a commis ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation en mettant totalement fin aux conditions matérielles d'accueil de Mme C au motif qu'elle n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne se présentant pas à l'aéroport le 30 avril 2024 et en manifestant un refus d'embarquer.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du directeur territorial de l'OFII du 4 juin 2024 par laquelle il a mis totalement fin à ses conditions matérielles d'accueil.

Sur les autres conclusions de la requête :

8. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C, ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives au frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G C et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cabanne, présidente,

M. H et Mme I, premiers conseillers,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.

La rapporteure,

S. I

La présidente,

C. CABANNE

La greffière,

H. MALO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions