jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403617 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TREBESSES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Trébesses, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du 4 juin 2024 portant cessation des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de la faire bénéficier des conditions matérielles d'accueil dans le délai de soixante-douze heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi relative à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
* la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle se trouve dépourvue de toute ressource et ne dispose pas de solution d'hébergement ; elle est présente en France avec ses 3 frères mineurs ;
* il existe un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision :
* le signataire est incompétent ;
* l'OFII s'est estimé en compétence liée ;
* la France est responsable de sa demande d'asile ;
* il existe des changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de la décision de transfert ;
Vu :
- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 9 juin 2024 sous le n°2406316 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu l'ordonnance n°2403009 du 10 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante mauritanienne, née le 11 décembre 2004, est entrée en France le 31 mars 2023, sous couvert d'un visa délivré par l'Espagne, en compagnie de sa mère, Mme B et de ses trois frères et sœur. Elle a sollicité l'asile le 31 mars 2023. Par un arrêté en date du 2 octobre 2023, le préfet de la Gironde a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de sa prise en charge. Mme A ne s'est pas présentée à la convocation pour son embarquement à l'aéroport de Bordeaux le 30 avril 2024. Par une décision du 4 juin 2024, le directeur général de l'OFII lui a notifié la cessation des conditions matérielles d'accueil. Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
Sur la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce. La condition d'urgence, à laquelle l'article L. 521-1 précité subordonne le prononcé d'une mesure de suspension doit être appréciée à la date à laquelle le juge des référés est appelé à se prononcer.
4. Pour justifier de l'urgence, Mme A soutient que la décision de cessation des conditions matérielles de l'OFII à compter du 4 juin 2024 la prive de toutes ressources et qu'elle se retrouve sans solution d'hébergement alors qu'elle est accompagnée de ses trois frères mineurs. Il ressort toutefois des pièces du dossier que cette décision est motivée par le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile, et plus particulièrement en raison de son absence de présentation à l'aéroport le 30 avril 2024 conformément au routing de son embarquement pour l'Espagne en application de l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet de la Gironde a ordonné son transfert aux autorités espagnoles sur la base d'un accord explicite émis par ce pays le 13 juin 2023. Il apparaît en effet d'une part, que Mme A, dûment convoquée au guichet de la préfecture le 15 novembre 2023 en vue de l'organisation de son transfert, ne s'est pas présentée au rendez-vous sans justification suffisante et à temps, et d'autre part, qu'elle ne s'est pas présentée à la convocation, qu'elle s'est vue remettre en main propre, le 30 avril 2024, pour un embarquement, le même jour, à l'aéroport de Bordeaux à destination de l'Espagne en vue de l'exécution de son transfert. Dans sa lettre d'observations, en réponse à la notification d'intention de l'OFII du 13 mai 2024, Mme A laisse entendre que " l'école et les médecins suspectent un trouble du spectre autistique " pour ses deux frères les plus jeunes. Ces allégations ne sont cependant corroborées par aucun certificat médical et en restent d'ailleurs à l'état de simple suspicion. En outre, elle ne démontre en rien l'existence d'une situation de vulnérabilité particulière pour elle-même ou ses frères. Enfin, Mme A, qui était informée depuis au moins le 13 mai 2024 de la perspective imminente d'une cessation des conditions matérielles, ne justifie pas avoir recherché une solution d'hébergement alternative. Il n'est d'ailleurs ni soutenu ni établi qu'elle aurait quitté, au jour de la présente ordonnance, son logement en hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA) au 31 de la rue Tastet à Bordeaux. Pour toutes ces raisons, Mme A ne justifie pas de la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision contestée, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête aux fins de suspension, et par voie de conséquence, celles formés à fin d'injonction et d'astreinte, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement " et aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte des points précédents que la requête de Mme A ne satisfait pas de manière manifeste aux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont Mme A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête n°2403617 de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à Me Trébesses.
Copie sera transmise pour information à l'OFII et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 20 juin 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026